
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a déposé, au début du mois d’avril, une demande de mandat d’arrêt secret contre le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich. La requête, présentée aux juges de La Haye, invoque des accusations de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et, pour la première fois dans une procédure israélienne, de crime d’apartheid. Elle se fonde notamment sur le transfert forcé de populations palestiniennes en Judée‑Samarie et sur la colonisation de territoires que le droit international qualifie d’« occupés ».
Le bureau du procureur estime disposer de « preuves suffisantes » pour justifier le mandat. Si les juges l’acceptent, Smotrich deviendra le troisième responsable israélien visé après le mandat de novembre 2024 contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. La CPI ne doit pas révéler les mandats afin d’éviter que les suspects ne s’enfuient ; le procureur Karim Khan a confirmé que la procédure reste confidentielle.
Parallèlement, des investigations portent aussi sur le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben‑Gvir, la députée Orit Strock et deux officiers de l’armée israélienne, selon le quotidien Haaretz.
« On m’a informé que le procureur de la CPI a déposé une demande secrète de mandat d’arrêt international à mon encontre », a déclaré Smotrich lors d’une conférence de presse, qualifiant l’action d’« déclaration de guerre » de la part de l’Autorité palestinienne.
Smotrich a annoncé l’évacuation immédiate du village bédouin Khan al‑Ahmar, situé en Cisjordanie, en invoquant ses pouvoirs de ministre des Finances et au sein du ministère de la Défense. Il a ajouté : « En tant qu’État souverain, nous n’accepterons pas les diktats d’organismes partiaux qui s’opposent systématiquement à Israël. »
La Palestinian Authority a exercé une forte pression sur la CPI pour que la justice s’applique en Judée‑Samarie, estimant qu’Israël n’est pas disposé à poursuivre ces affaires. Si le mandat est validé, Smotrich pourrait être soumis à des restrictions de voyage déjà imposées à d’autres responsables israéliens, et les États membres de l’UE envisagent d’ajouter son nom à leurs listes de sanctions.
Le dossier souligne la montée des tensions juridiques autour du conflit israélo‑palestinien et laisse présager de nouvelles confrontations entre la justice internationale et les autorités israéliennes.