La tension au Moyen-Orient connaît une escalade significative suite aux déclarations du président américain, Donald Trump, annonçant que les États-Unis allaient « immédiatement » bloquer le détroit d'Ormuz. Cette décision, qu'il a relayée via une publication sur Truth Social et lors d'une interview sur Fox News, impliquerait l'interdiction de tout navire ayant versé un péage à l'Iran et la destruction des mines posées par les Iraniens. Trump a également menacé d'anéantir toute personne iranienne tirant sur les forces américaines ou des navires pacifiques, affirmant que l'Iran « ne sera pas autorisé à profiter de cet acte illégal d'extorsion ». Il a par ailleurs indiqué que le Royaume-Uni et d'autres pays non spécifiés enverraient des dragueurs de mines, bien que Downing Street n'ait pas publiquement confirmé cette information.
Ces menaces surviennent alors que des négociations délicates sont en cours. Des rapports indiquent que JD Vance a tenté d'établir des « lignes rouges » américaines lors de discussions avec des délégués iraniens, notamment la fin de l'enrichissement d'uranium, le démantèlement des installations nucléaires majeures et l'ouverture totale du détroit d'Ormuz sans péage. Cependant, les délégués iraniens n'auraient pas accepté toutes ces conditions. Robert Malley, ancien négociateur sur l'accord nucléaire iranien de 2015, a critiqué ces exigences, déclarant :
« Si c’étaient de véritables lignes rouges, ils auraient pu s'épargner le voyage. » De son côté, le président iranien Masoud Pezeshkian a confié à Vladimir Poutine que Téhéran était prêt à un accord pour une « paix régionale durable », à condition que ses intérêts nationaux soient respectés, tout en condamnant l'utilisation des bases militaires américaines dans le Golfe. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) a pour sa part averti que l'approche de navires militaires dans le détroit d'Ormuz serait considérée comme une « violation du cessez-le-feu » et traitée avec « fermeté et détermination ».
La stratégie de Trump a soulevé des interrogations même aux États-Unis. Le sénateur démocrate Mark Warner a remis en question la logique du blocus, affirmant :
« Je ne comprends pas comment le blocage du détroit va pousser les Iraniens à l'ouvrir. Je ne saisis pas le lien. » En parallèle, Trump a réitéré ses menaces de détruire les infrastructures énergétiques civiles iraniennes en cas de non-accord. Ces propos, affirmant qu'il pourrait « anéantir l'Iran en un jour » en ciblant ses centrales électriques, sont considérés par des experts juridiques, comme Agnès Callamard d'Amnesty International, comme des menaces de « crimes de guerre » en vertu du droit international humanitaire, même si les infrastructures devaient être considérées comme des cibles militaires.
Dans un incident distinct mais révélateur des tensions régionales, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (UNIFIL) a rapporté que l'armée israélienne avait percuté et tiré sur ses véhicules, endommageant un char Merkava et tirant des coups de semonce près d'un casque bleu.
L'annonce de ce blocus potentiellement déstabilisateur, assortie de menaces sévères, marque un nouveau chapitre incertain dans les relations complexes entre les États-Unis et l'Iran, avec des conséquences régionales et mondiales imprévisibles.