
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a quitté Islamabad ce samedi, laissant derrière lui une série de rencontres avec les plus hautes autorités pakistanaises mais sans attendre l’arrivée de la délégation américaine prévue.
Depuis le début de l’offensive conjointe des États‑Unis et d’Israël contre l’Iran en février, les pourparlers indirects entre Washington et Téhéran — menés à Genève puis à Vienne — stagnent. L’administration du président Donald Trump avait annoncé l’envoi de Jared Kushner et de Steve Witkoff à Islamabad pour une seconde ronde de pourparlers, conditionnée, selon les États‑Unis, à des « avancées » iraniennes. L’Iran, de son côté, exige la levée du blocus naval imposé par Washington et refuse toute rencontre directe tant que les sanctions demeurent.
Arrivé vendredi soir, Araghchi a rencontré le chef des Forces de défense pakistanaises, Asim Munir, le Premier ministre Shahbaz Sharif et le ministre des Affaires étrangères Muhammad Ishaq Dar, ainsi que d’autres responsables militaires et sécuritaires. Les autorités pakistanaises ont qualifié la visite de « productive » et ont espéré déclencher une nouvelle ronde de négociations « dans un jour ou deux ».
« Nous ne ferons pas de réunion directe avec la délégation américaine », a déclaré Araghchi, réaffirmant la position de Téhéran.
Le ministre a ensuite pris la direction d’Oman, première escale avant Moscou, où il doit poursuivre les consultations. Pendant ce temps, Trump a annulé le vol de ses négociateurs, arguant que les États‑Unis « ont toutes les cartes en main » et que les Iraniens peuvent appeler quand ils le souhaitent.
« Je leur ai dit : « Pas de vol de 18 heures pour aller là‑bas. Nous avons toutes les cartes. Appelez‑nous quand vous voulez », » a affirmé le président américain lors d’une interview télévisée.
Le Pakistan continue de se présenter comme médiateur, insistant sur la nécessité d’un dialogue pacifique. À Téhéran, le président Masoud Pezeshkian a appelé la population à réduire sa consommation d’énergie, soulignant la fragilité du climat sécuritaire. L’Organisation de l’aviation civile iranienne a relancé les vols internationaux vers plusieurs destinations, signe d’une tentative de normalisation partielle.
Alors que la tension reste élevée, le prochain chapitre dépendra de la capacité des parties à transformer ces rencontres indirectes en un accord concret. Le monde observe, les yeux rivés sur la prochaine étape de la diplomatie.