
L'industrie automobile allemande, poids lourd de l'économie européenne, sonne l'alarme face à l'intensification du conflit commercial qui oppose les États-Unis et l'Union européenne. Le puissant lobby du secteur appelle à une désescalade immédiate des tensions autour des droits de douane sur les voitures, craignant de graves répercussions sur un marché vital et des chaînes d'approvisionnement déjà fragiles.
L'association allemande de l'industrie automobile (VDA) exhorte Berlin et Bruxelles à privilégier le dialogue avec Washington. Cette prise de position intervient alors que les taxes américaines sur les véhicules européens, pouvant atteindre 25 %, pèsent lourdement sur les constructeurs. Ces derniers, notamment allemands, sont très dépendants du marché américain pour une part significative de leurs ventes, les exposant directement aux décisions protectionnistes outre-Atlantique.
Les industriels soulignent que les coûts liés à ces mesures se chiffrent déjà en milliards d'euros, sans qu'aucune amélioration notable ne soit perceptible malgré de récents accords politiques. Le secteur redoute plus que tout une véritable guerre commerciale, où des mesures de rétorsion européennes pourraient entraîner une spirale de sanctions. Une telle situation menacerait de perturber durablement les chaînes d'approvisionnement mondiales et de faire grimper les prix pour les consommateurs finaux.
Du côté européen, la Commission maintient une approche prudente, misant sur la négociation tout en préparant d'éventuelles contre-mesures. L'objectif est de préserver l'unité des États membres et d'éviter une escalade dont les conséquences économiques seraient dévastatrices. Le secteur automobile se retrouve ainsi en première ligne de ce bras de fer commercial, avec des industriels plaidant pour un compromis rapide afin d'éviter une crise durable. L'urgence est à la désescalade pour ce fleuron économique européen, qui scrute l'horizon avec une inquiétude grandissante.