Le 14 mai, une embarcation iranienne a détourné à son bord un cargo britannique ancré près de Fujairah, aux Émirats arabes unis, et l’a fait voguer vers les eaux iraniennes, aggravant les tensions autour du détroit d’Hormuz déjà paralysées par le conflit israélo‑iranien.
Depuis le début de la guerre qui oppose Israël et l’Iran le 28 février, la plupart des navires civils sont interdits de passage dans le détroit, coupant près d’un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux. Le 13 mai, un cargo indien transportant du bétail a sombré au large d’Oman, apparemment touché par un missile ou un drone. Le même jour, un pétrolier japonais et un immense pétrolier chinois ont réussi à traverser le détroit après des accords ponctuels avec Téhéran.
Le détournement de la navire britannique, signalé par la société de sécurité maritime Vanguard, montre que le personnel iranien continue d’intercepter des navires « non autorisés ». Le porte‑voix du système judiciaire iranien, Asghar Jahangir, a justifié ces saisies comme conformes au droit national et international.
Le même 14 mai, Donald Trump et Xi Jinping se sont rencontrés à Pékin. Selon le compte‑rendu de la Maison-Blanche, les deux dirigeants ont convenu que le détroit devait rester ouvert et que la Chine s’opposait à sa militarisation ou à l’instauration d’un péage. Trump a réaffirmé l’engagement des États‑Unis à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.
« Ils ne menacent plus nos partenaires régionaux, ni les États‑Unis, comme ils le faisaient auparavant, dans tous les domaines », a déclaré l’amiral Brad Cooper au Sénat américain.
« La Chine fera tout ce qu’elle peut pour aider à rouvrir le détroit, ce qui est dans son intérêt », a affirmé le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, lors d’une interview à Pékin.
Les données de l’analytique maritime Kpler montrent une reprise très limitée : seulement 10 navires ont traversé le détroit dans les dernières 24 heures, contre 5 à 7 habituellement depuis le conflit. L’Iran indique que 30 navires ont franchi la zone depuis le 13 mai, bien loin des 140 quotidiens d’avant la guerre, mais représente tout de même une hausse notable.
Alors que Washington cherche à contraindre Téhéran à renoncer à son programme d’enrichissement, Pékin maintient une position prudente, pesant l’accès au pétrole contre la pression américaine. Le détroit d’Hormuz reste ainsi le théâtre d’une bataille diplomatique où chaque passage de navire devient un acte politique.
Le prochain grand tournant dépendra de la capacité des deux superpuissances à transformer ces gestes symboliques en un accord durable.
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