
Le géant chinois du commerce en ligne Temu vient de recevoir une amende record de 200 millions d’euros de la Commission européenne, la plus lourde sanction jamais infligée sous le Digital Services Act (DSA).
L’enquête, lancée en octobre 2024 à la suite de plaintes de la fédération de consommateurs BEUC, a révélé que les utilisateurs européens sont « très susceptibles de tomber sur des articles illégaux » sur la plateforme. Des tests mystères ont mis en évidence des chargeurs électroniques qui ne passent pas les contrôles de sécurité de base ainsi que des jouets pour bébés contenant des substances toxiques ou présentant des risques d’étouffement. La Commission a critiqué Temu pour ne pas avoir correctement évalué les risques systémiques liés à ces produits, ni les effets amplificateurs de ses systèmes de recommandation et des promotions d’influenceurs.
« Le DSA repose sur la gestion des risques ; nous envoyons un message fort à Temu », a déclaré Henna Virkkunen, responsable technologique de l’UE.
Temu a jugé la sanction « disproportionnée » et a souligné que l’évaluation concernait son premier audit DSA de 2024, qui ne reflète plus l’état actuel de ses systèmes. La société affirme avoir coopéré avec les autorités et a entrepris de renforcer son évaluation des risques, sa gouvernance et la protection des utilisateurs.
« Nous continuons à dialoguer de bonne foi avec les régulateurs et examinons attentivement la décision », a déclaré le porte‑parole de Temu.
La Commission a demandé à Temu de soumettre un plan d’action d’ici 28 août. Cependant, les sources divergent sur la date exacte et l’année : certains articles mentionnent le 28 août 2026, d’autres le 28 août 2024, et un autre indique le 26 août. Le plan sera évalué, et un nouveau verdict est attendu dans les deux prochains mois.
Le DSA prévoit des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise. Avec environ 113 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’UE, Temu est classé VLOP (Very Large Online Platform), ce qui implique des obligations de conformité renforcées. Si le plan d’action est jugé insuffisant, des pénalités supplémentaires pourraient s’accumuler, augmentant le risque financier pour la maison mère, PDD Holdings, et ses actionnaires.
Cette sanction signale une ligne dure de l’Union européenne contre les plateformes qui laissent circuler des produits dangereux, et pourrait bien redéfinir la manière dont les marketplaces low‑cost opèrent en Europe.