
Le road‑movie en noir et blanc de Paweł Pawlikowski, Fatherland, a captivé le public du Grand Palais, offrant à Sandra Hüller une ovation debout de cinq minutes, selon le compte de Variety.
Le film, qui s’inscrit dans la lignée des deux précédents travaux de Pawlikowski sur la Seconde Guerre mondiale, raconte l’été 1949, au cœur de la Guerre froide. Thomas Mann, prix Nobel d’écriture, est incarné par Hanns Zischler, tandis que sa fille Erika, actrice, écrivaine et pilote de rallye, est jouée par Sandra Hüller. Tous deux entreprennent un voyage en Buick noir de Francfort, alors sous domination américaine, à Weimar, alors sous contrôle soviétique, à travers une Allemagne encore dévastée.
« Le public a salué chaque moment d’abandon émotionnel, du coup de fil déchirant à l’explosion de rage contre le patriarche narcissique », a déclaré Hüller, émue au point de laisser transparaître sa fameuse stoïcité.
Avec 82 minutes, Fatherland est le plus court long‑métrage en compétition à Cannes cette année, preuve d’une narration condensée mais puissante. La réalisation bénéficie de la collaboration de longue date du réalisateur : le directeur de la photographie Łukasz Zal, la costumière Aleksandra Staszko, le monteur Piotr Wójcik, les décorateurs Katarzyna Sobańska et Marcel Sławiński, ainsi que le compositeur Marcin Marsecki.
Le film explore la collision de fascisme et de communisme, la mort, le regret et le poids du legs familial, tout en suivant la dynamique subtile mais riche entre père et fille. Le succès retentissant à Cannes alimente les attentes pour la saison des récompenses, Hüller étant déjà pressentie comme candidate potentielle aux Oscars l’an prochain.
En alliant une esthétique en noir et blanc à une histoire intime au cœur de l’Europe d’après-guerre, Fatherland confirme Pawlikowski comme l’un des conteurs les plus incisifs de notre époque.