Le Sénat républicain a de nouveau refusé mercredi la résolution démocrate qui aurait obligé le président Donald Trump à retirer les troupes américaines d’Iran, un vote de 47‑52 largement partisan.
La proposition, portée par la sénatrice Tammy Duckworth (D‑Illinois), exigeait que le président « retire les forces armées des hostilités contre l’Iran », sauf s’il dispose d’une déclaration de guerre ou d’une autorisation explicite d’usage de la force. Seul le républicain Rand Paul (Kentucky) a soutenu la mesure, tandis que le démocrate John Fetterman (Pennsylvanie) était le seul à s’y opposer. Le vote constitue, selon l’Associated Press, la quatrième fois cette année que le Sénat cède ses pouvoirs de guerre au président dans ce conflit.
« Après 60 jours, il faut soit une autorisation du Congrès, soit un plan de financement », a déclaré le sénateur Thom Tillis (R‑Caroline du Nord), rappelant la contrainte du War Powers Act de 1973 (60 jours, extensibles de 30 jours).
Des sénateurs républicains, dont Lisa Murkowski (Alaska) et John Curtis (Utah), ont exprimé des doutes et travaillent à un projet de résolution qui fixerait des limites et des objectifs clairs à l’opération. Susan Collins (Maine) a souligné que le pouvoir du président n’est pas « illimité ». Du côté démocratique, le leader minoritaire Chuck Schumer a promis de continuer à placer la question chaque semaine, insistant que les troupes méritent une « mission, pas un désordre ».
Un sondage CBS montre que 40 % des Américains soutiennent l’action militaire en Iran, contre 60 % qui s’y opposent, tandis que la hausse des prix de l’essence alimente les inquiétudes économiques. Le futur vote du Congrès sur le financement de la guerre, qui pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards de dollars, apparaît comme le prochain grand test.
Le débat se cristallise autour d’une question simple : l’administration Trump continuera-t-elle à agir sans le feu vert du Congrès, ou le législateur imposera-t-il finalement ses limites ? Le compte à rebours de 60 jours avance inexorablement.