
Le drame de Sam Fahd Abu Haikal, bébé de sept mois, a bouleversé le quartier de Tel Rumeida à Hébron ce vendredi 5 juin, lorsqu’une patrouille israélienne a ouvert le feu sur le véhicule de sa famille.
Fahd Abu Haikal, maître de conférences à l’université de Bethléem, rentrait avec sa femme, leur fils de 11 ans et le nourrisson lorsqu’un soldat leur a fait signe d’arrêter. « J’ai immobilisé la voiture, levé les mains sur le volant, et ils ont immédiatement tiré », raconte‑il à Haaretz. Selon lui, le soldat se tenait à une dizaine de mètres, les vitres n’étaient pas teintées et il faisait plein jour, rendant impossible de ne pas voir qu’il s’agissait d’une famille.
Une balle a traversé le visage du bébé, puis celui de sa mère, avant de ricocher sur le doigt du père. Le bébé a été transporté à l’hôpital Al‑Ahly, où il est décédé ; ses parents ont été blessés, et le frère de 11 ans s’en est sorti indemne.
Source 1 rapporte que l’armée israélienne affirme que le véhicule « accélère vers eux » et que les soldats ont riposté avec des tirs isolés, blessant trois Palestiniens.
Source 2 indique que le même jour, l’armée a déclaré que « une première enquête militaire a conclu que les blessés étaient des civils non impliqués », tout en ouvrant une investigation.
Ces deux récits divergent clairement : la famille assure s’être arrêtée comme demandé, tandis que les forces de défense soutiennent que le véhicule se dirigeait vers elles. Les autorités israéliennes ont exprimé leurs « plus profonds regrets » et ont annoncé une enquête en cours.
L’incident s’inscrit dans une série d’affrontements à Hébron, où les colonies israéliennes sont fortement protégées. Un fait similaire s’est produit le 15 mars dernier à Tamoun, coûtant la vie à un couple palestinien et à deux de leurs enfants. Selon l’ONU, plus de 1 000 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie et à Jérusalem‑Est depuis le début du conflit, dont au moins 240 enfants. L’organisation Yesh Din note que moins de 1 % des plaintes contre des soldats israéliens aboutissent à des poursuites.
L’affaire reste ouverte, mais pour la famille Abu Haikal, la quête de justice ne fait que commencer.