
Les espoirs d'une accalmie au Moyen-Orient ont été brusquement douchés ce mardi, alors que les cessez-le-feu en Iran et au Liban semblent gravement menacés par une recrudescence des hostilités. L'Iran a accusé les États-Unis d'avoir violé l'accord de paix après des frappes aériennes nocturnes dans le sud du pays, tandis qu'au Liban, les opérations israéliennes ont causé la mort de 31 personnes.
Ces escalades sapent les apparents progrès des négociations visant à mettre fin durablement à la guerre. La rhétorique martiale a repris le dessus, malgré un calme relatif des armes depuis le 8 avril.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que « l'armée terroriste américaine (...) a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan », ajoutant que la République islamique ne laisserait « aucun acte malveillant sans réponse ». Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a confirmé avoir frappé des sites de lancement de missiles. L'Iran, sans confirmer officiellement, a fait état d'explosions à Bandar Abbas et d'une enquête en cours, tandis que les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir abattu un drone américain.
Simultanément, le Liban a été le théâtre de nouvelles frappes israéliennes dans le sud, causant la mort de 31 personnes, dont au moins quatre enfants et trois femmes, et blessant 40 autres. Quatorze des victimes ont péri à Burj al-Shamali, près de Tyr. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a déclaré intensifier l'action de son armée au Liban, annonçant une extension des opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la « ligne jaune » établie, et ce, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.
L'économie mondiale ressent également les secousses de cette instabilité. Le quasi-blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran continue de faire flamber les prix du pétrole et perturbe gravement les marchés. Un pétrolier a d'ailleurs été touché ce mardi au large d'Oman, signalant la persistance des tensions dans cette voie maritime cruciale. En Iran, l'accès à internet a été partiellement rétabli mardi, après une coupure quasi-totale de près de trois mois suite à l'attaque israélo-américaine du 28 février.
Malgré cette flambée de violence, les efforts diplomatiques se poursuivent. De hauts responsables iraniens ont visité Doha lundi pour discuter du déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs gelés et du dossier nucléaire, Washington réclamant la destruction du stock d'uranium hautement enrichi. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a exprimé à son homologue qatari la volonté de son pays de parvenir à « un cadre respectueux pour mettre fin à la guerre ». Le président américain Donald Trump doit réunir son gouvernement mercredi pour aborder la situation iranienne.
Le Moyen-Orient reste sur le fil du rasoir, les espoirs de paix étant constamment mis à l'épreuve par de nouvelles étincelles.