Les autorités allemandes ont pointé la Russie du doigt comme maître‑coup de la vaste campagne de phishing qui a compromis la messagerie sécurisée Signal de plusieurs responsables politiques, diplomates, militaires et journalistes depuis février.
Le parquet fédéral a ouvert, dès vendredi, une enquête pour « suspicion d’espionnage » après que des communications sensibles aient été détournées. Selon des cercles gouvernementaux cités par l’AFP, la fuite serait désormais maîtrisée, mais les services de renseignement continuent d’analyser l’ampleur du préjudice. Le président de la commission de contrôle parlementaire du Bundestag, Marc Henrichmann, a déjà indiqué que la Russie était le principal suspect, même si le gouvernement n’a pas encore officiellement confirmé cette hypothèse. Le mode d’attaque s’appuie sur le phishing : des courriels ou messages se faisant passer pour une source fiable afin de soutirer mots de passe ou d’inciter à cliquer sur des liens malveillants.
Le député vert Konstantin von Notz, expert en sécurité nationale, a dénoncé la gravité de la situation :
« L’ampleur du récent piratage de Signal, telle qu’elle est connue à ce stade, est extrêmement préoccupante. À l’heure actuelle, personne ne peut dire avec certitude que l’intégrité des communications des députés est encore garantie. Il faut s’attendre à ce que le nombre réel de personnes affectées continue d’augmenter dans les prochains jours, et les services de renseignement ainsi que la police doivent intensifier la sensibilisation du public. »
Berlin, qui fournit une aide militaire importante à Kiev, accuse Moscou depuis des années de mener une campagne de cyberattaques, d’espionnage et de sabotage contre l’Allemagne ; le Kremlin rejette toutefois ces accusations. La découverte d’une faille dans Signal, plateforme réputée pour son chiffrement de bout en bout, soulève des questions de confiance pour les élus et les acteurs de la diplomatie allemande.
Alors que les autorités tentent de contenir le scandale, la communauté internationale surveille de près les répercussions d’une possible escalade cyber‑géopolitique entre Allemagne et Russie. Le prochain rapport des enquêteurs pourrait bien redéfinir les lignes de défense numériques de l’Europe.