Le vice‑président de l’ONG islamique JAMRA, Mame Makhtar Guèye, a été entendu hier par la Brigade de Recherche de la Gendarmerie de Keur‑Massar dans le cadre d’une enquête judiciaire sur un prétendu recensement de personnes homosexuelles.
Sur ordre du procureur du tribunal d’instance de Pikine‑Guédiawaye et d’une délégation judiciaire émise par le juge du premier cabinet d’instruction, Guèye s’est présenté le 09 mars 2026 à la brigade. Pendant environ deux heures, il a remis aux enquêteurs un support électronique (clé USB) contenant, selon ses dires, « plus que la simple liste » des membres supposés d’un réseau LGBT, ainsi que des documents qu’il qualifie de « confidentiels ».
« J’ai donné plus que la liste aux gendarmes. J’ai versé des documents confidentiels en dénonçant les diplomates qui soutiennent les homosexuels », a déclaré Guèye à Seneweb.
Dans un communiqué transmis aux médias, l’ONG a présenté l’opération comme le « scandale LGBT du siècle », qualifiant les personnes visées de « cartels LGBT », « actes contre‑nature », voire « pédophiles » et « trafiquants de stupéfiants ». Le texte appelle à la démolition de groupes WhatsApp identifiés comme vecteurs de recrutement, à la protection des « enfants » et à la préservation de la santé morale, invoquant également la lutte contre le VIH‑SIDA. Jamra a salué le travail du procureur Saliou Dicko et a réaffirmé son souhait de poursuivre la coopération avec les autorités.
L’affaire, qui reste très sensible, soulève d’importantes questions sur la légitimité des enquêtes ciblant une orientation sexuelle et sur la nature des preuves présentées. Les autorités n’ont pas encore communiqué de conclusions concrètes, mais le dossier est désormais officiellement ouvert et suivi par les services de police et le parquet.
Ce qui était présenté comme une simple remise de données pourrait devenir un point de départ pour une procédure judiciaire aux ramifications sociales et politiques encore incertaines.
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