
Le président russe Vladimir Poutine a atterri à Pékin le 19 mai, moins d’une semaine après la visite historique du président américain Donald Trump, pour rencontrer son « ami de longue date », Xi Jinping. Les deux dirigeants, respectivement âgés de 73 et 72 ans, se sont donné rendez‑vous afin de « renforcer » le partenariat stratégique et de publier une déclaration conjointe, marquant les 30 ans du lien bilatéral.
Après la première visite américaine en Chine depuis neuf ans, Pékin a rapidement officialisé le séjour de Poutine, soulignant la volonté de Moscou de montrer que les relations russo‑chinoises restent intactes. Dans une vidéo adressée « au peuple chinois », le président russe a déclaré que les liens entre les deux pays avaient atteint « un niveau véritablement sans précédent » et jouaient « un rôle majeur de stabilisation à l’échelle mondiale ».
« C’est un honneur d’être votre ami », a affirmé Poutine, rappelant le ton chaleureux des lettres de félicitations échangées pour le 30e anniversaire du partenariat.
Les analystes de la Brookings Institution, comme Patricia Kim, soulignent que la coopération s’est intensifiée depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Chine étant désormais le principal acheteur du pétrole russe sanctionné. Elle ajoute que l’absence de percée sino‑américaine sur la question ukrainienne « rassure probablement Moscou », car Xi n’a conclu aucun accord qui nuirait aux intérêts russes.
Le débat s’étend également au Moyen‑Orient. James Char, professeur à l’Université technologique de Nanyang, explique que la Chine, dépendante de la libre circulation maritime, souhaiterait la fin du blocus du détroit d’Ormuz. En revanche, Lyle Morris de l’Asia Society indique que la Russie profite économiquement des tensions en Iran, où l’assouplissement des sanctions favorise ses exportations d’énergie.
« Le renforcement des liens énergétiques pourrait occuper une place importante durant la rencontre, Pékin voulant obtenir davantage d’énergie russe », note Joseph Webster, de l’Atlantic Council.
En somme, la visite de Poutine vise à consolider une alliance qui, depuis la guerre en Ukraine, se présente comme un contre‑poids aux relations sino‑américaines, tout en cherchant à sécuriser des approvisionnements énergétiques mutuels. Le monde observe comment ces promesses se traduiront concrètement dans les mois à venir.