
Une vague d’inquiétude a traversé l’Afrique centrale : l’OMS a déclaré l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et qui a atteint l’Ouganda, une urgence de santé publique de portée internationale.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement qualifié l’épidémie de « public health emergency of international concern » dès le week‑end, afin de mobiliser des ressources et d’encourager la coopération transfrontalière. L’agence précise que la situation ne correspond pas à une « pandémie » comme la COVID‑19 et conseille contre la fermeture des frontières, redoutant que cela ne pousse les déplacements informels et non contrôlés.
« Le virus Bundibugyo n’a ni vaccin ni traitement spécifique. Il présente un taux de létalité très élevé, pouvant atteindre 50 % », a déclaré le ministre de la Santé de la RDC, Samuel‑Roger Kamba.
Les chiffres diffèrent selon les rapports :
| Source | Cas confirmés | Cas suspects | Décès suspects |
|---|---|---|---|
| OMS / sources 1‑3‑4 | 8 | 246 | 80 |
| AP (source 2) | — | 336 | 88 |
Les deux premiers cas en Ouganda (Kampala) et un cas à Kinshasa (RDC) concernent des voyageurs revenant des zones touchées. Dans la province de l’Ituri, les foyers initiaux ont été identifiés à Mongwalu, avant de se propager aux zones de santé de Rwampara et Bunia, la capitale de la province, proches de la frontière ougandaise. Au moins quatre agents de santé sont décédés, soulignant des lacunes dans la prévention des infections.
Le Africa CDC a lancé une coordination d’urgence, déployant des équipes multidisciplinaires aux points de passage frontaliers, renforçant la surveillance et l’identification des contacts à haut risque. Au niveau financier, l’OMS a débloqué 500 000 $, tandis que l’Africa CDC a mobilisé 2 millions de dollars, bien en dessous des besoins estimés.
Les autorités appellent les pays voisins à activer leurs mécanismes de gestion des urgences et à mettre en place un dépistage transfrontalier, sans toutefois imposer de restrictions de voyage qui pourraient aggraver la situation.
L’épisode rappelle que, même après des décennies de lutte contre le virus, chaque nouvelle souche – comme le Bundibugyo – peut réactiver les faiblesses des systèmes de santé et menacer la stabilité régionale.