
Le lancement de la Persian Gulf Strait Authority (PGSA), annoncée ce lundi par le Conseil suprême de sécurité nationale iranien, marque une tentative officielle de contrôler à jamais le trafic dans le détroit d’Ormuz, désormais fermé depuis le 28 février.
La PGSA a immédiatement activé un compte officiel sur X, promettant « des mises à jour en temps réel sur les opérations du détroit et les derniers développements ». Des courriels de règlement sont déjà envoyés depuis l’adresse info@pgsa.ir aux armateurs. Le député Ebrahim Azizi, président du Comité de sécurité nationale du parlement, a déclaré sur X :
« Seuls les navires commerciaux et les parties coopérant avec l’Iran bénéficieront de l’arrangement, et des frais seront perçus pour des services spécialisés. »
Selon les autorités iraniennes, les frais de transit seront perçus comme un « service spécialisé », tandis que les navires associés au « projet de liberté », référence à l’opération américaine d’escorte, resteront exclus.
| Période | Navires quotidiens traversant le détroit |
|---|---|
| Avant le conflit (2025) | ≈ 135 |
| Depuis le 28 février 2026 | une poignée |
En temps de paix, le détroit transporte près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, ainsi que d’autres marchandises essentielles comme les engrais. Depuis sa fermeture, l’Iran a déjà perçu ses premiers revenus de péage sur les rares traversées autorisées.
Les frappes conjointes des États‑Unis et d’Israël du 28 février ont déclenché une contre‑offensive iranienne et la fermeture du détroit. Un cesse‑feu, médié par le Pakistan, a été signé le 8 avril, mais les négociations n’ont pas abouti, et les États‑Unis ont instauré, à partir du 13 avril, un blocus naval ciblant les ports iraniens.
Parallèlement, Washington a soumis, via le Pakistan, une proposition de cinq points demandant la réduction à un seul site nucléaire et le transfert du stock d’uranium hautement enrichi, tout en refusant de libérer au moins 25 % des avoirs gelés de l’Iran. Le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a répondu :
« Les points soulevés sont des exigences iraniennes que notre équipe de négociation a fermement défendues à chaque ronde. »
Alors que l’Iran affirme être « pleinement préparé à toute éventualité », les déclarations de l’ex‑président américain Donald Trump, promettant de nouvelles frappes, soulignent la volatilité persistante. La PGSA, nouvelle façade institutionnelle, restera-t-elle un simple outil de souveraineté ou deviendra‑t‑elle un levier de pression supplémentaire dans ce conflit qui redessine les routes énergétiques mondiales ?