
Le chant « stop the genocide » qui a éclaté dans la salle Wiener Stadthalle lorsque l’artiste israélien Noam Bettan est monté sur scène a été rapidement effacé du vidéo officielle, déclenchant une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et alimentant le boycott du concours.
Le 12 mai 2026, lors du premier semifinal du 70ᵉ Eurovision à Vienne, le public a interrompu la performance de Bettan en scandant « stop the genocide » et « free Palestine ». La diffusion en direct, relayée notamment par la BBC, a laissé entendre ces slogans, mais la version publiée sur la chaîne YouTube de l’Eurovision les a totalement supprimés, ne laissant entendre que des acclamations.
« We believe the focus of the Eurovision Song Contest should be on artists and music », a déclaré l’EBU, expliquant la décision de retirer l’audio contestataire avant le téléchargement.
Quatre manifestants ont été évacués par la sécurité : un spectateur, proche du micro, a été retiré après avoir « continuellement perturbé le public », et trois autres personnes ont été expulsées pour comportement jugé « disruptif ».
Le traitement du chant a alimenté les accusations de censure dirigées contre l’organe diffuseur autrichien ORF et l’EBU. Des dizaines de commentaires sous la vidéo dénoncent la suppression et réclament la transparence.
Parallèlement, cinq radiodiffuseurs publics – Irlande, Espagne, Slovénie, Islande et Pays‑Bas – ont annoncé leur retrait du concours, qualifiant la participation d’Israël de « normalisation d’un génocide ». Un concert alternatif « United for Palestine » a été organisé à Bruxelles, réunissant d’anciens représentants belges de l’Eurovision.
« We therefore removed the audio heard on the live broadcast during the Israeli entry before uploading the performance to our YouTube channel », a précisé l’EBU dans un communiqué conjoint avec ORF.
L’EBU a également adressé un avertissement à la chaîne publique israélienne Kan pour des vidéos incitant les téléspectateurs à voter « 10 fois pour Israël », en violation du règlement du concours. Malgré les protestations, Bettan s’est qualifié pour la grande finale du 14 mai, rejoignant la ligne de 9 pays déjà confirmés.
Le débat sur la place de la politique dans un événement culturel reste ouvert, tandis que les spectateurs et les artistes se demandent si la musique pourra encore être séparée des conflits qui l’entourent.