
Le marché des maisons neuves : les ventes chutent, les stocks s’alourdissent, mais la demande sous‑jacente reste solide.
Les données du Census Bureau montrent que les ventes de maisons individuelles neuves ont reculé de 6,2 % en avril, atteignant un taux annualisé de 622 000 unités, soit une baisse de 11,3 % sur un an. Le nombre de maisons en stock passe à 489 000, ce qui porte le ratio d’inventaire à 9,4 mois – un niveau supérieur aux 8,6 mois estimés en avril 2025 (source 1) et aux 8,7 mois de mars (source 2).
Le taux moyen du prêt hypothécaire à 30 ans a fluctué autour de 6,30 % à la fin du mois, après avoir atteint 6,46 % début avril. Le prix médian d’une maison neuve a progressé de 2,2 % pour atteindre 422 500 $, la majorité des transactions se situant entre 300 000 $ et 799 999 $.
« Bien que la demande persiste, de nombreux acheteurs potentiels reculent à cause des taux hypothécaires plus élevés et du prix du carburant, » explique Bill Owens, président de la National Association of Home Builders (NAHB).
Le Milieu-Ouest reste un point lumineux, avec une hausse des ventes de 7,3 % depuis le début de l’année, tandis que le Nord‑Est, le Sud et le Midwest ont vu leurs ventes baisser et le Ouest a enregistré une légère progression. Les dépôts de saisie ont grimpé de 18 % sur un an, soulignant les tensions d’accessibilité.
Les constructeurs, confrontés à un baisse de 2,4 % des mises en chantier de maisons unifamiliales (source 1), ajustent leur offre : ils privilégient davantage les biens au‑delà de 400 000 $ (55 % des ventes en avril contre 47 % en mars) et réduisent leur dépendance aux segments d’entrée de gamme, qui exigent de lourdes incitations et offrent de plus faibles marges.
« L’augmentation du prix moyen reflète surtout un changement de mix de produits, pas une véritable puissance de fixation des prix, » précise Odeta Kushi, économiste adjointe de First American.
« Il existe encore une demande sous‑jacente solide et un besoin refoulé, notamment chez les ménages de la génération Y, » ajoute‑elle.
Les constructeurs misent désormais sur des incitations et des baisses de taux temporaires que les vendeurs de l’ancien ne peuvent offrir. Selon Orphe Divounguy, économiste senior chez Zillow, la réduction des nouvelles constructions intensifiera la concurrence des biens de seconde main, ce qui pourrait stabiliser les ventes à un niveau inférieur à celui des années précédentes.
Malgré le ralentissement, le marché garde une lueur d’espoir : la capacité d’achat des ménages pourrait rebondir dès que les pressions de coût s’atténueront, laissant les constructeurs prêts à saisir le regain de demande.