
Les exercices nucléaires de Moscou, les plus vastes depuis des années, se déroulent alors que le Kremlin affirme être engagé dans une « lutte existentielle » contre l’Occident au sujet de l’Ukraine.
Près de 64 000 personnels de l’armée russe, ainsi que des unités belarusses, participent à un entraînement de trois jours lancé le 19 mai. Le programme couvre les Forces de missiles stratégiques, les flottes du Nord et du Pacifique, l’aviation à longue portée et les districts militaires de Léningrad et du Centre. Parmi les matériels exhibés figurent un sous‑marin de classe Borei à propulsion nucléaire, un avion anti‑sous‑marin Il‑38, un MiG‑31 armé du missile hypersonique Kinzhal et des missiles balistiques intercontinentaux RS‑24 Yars.
« L’usage de ces armes restera toujours une mesure exceptionnelle, ultime et de dernier recours », a déclaré le président Vladimir Poutine aux dirigeants russes et biélorusses, insistant sur le rôle du triade nucléaire comme garantie de souveraineté.
Le ministère de la Défense a précisé que les ogives utilisées sont factices ; une vidéo montrait même un camion militaire couvert d’une bâche circulant avec une sécurité minimale. En Biélorussie, une unité d’Iskander‑M s’entraîne au chargement de munitions nucléaires.
Moscou accuse les États baltes de permettre aux drones ukrainiens de survoler leur espace aérien pour frapper le nord de la Russie, accusation rejetée par l’OTAN. Les gouvernements lituen, estonien et letton rétorquent que la Russie détourne ces drones vers leurs cieux. Le ministre des Affaires étrangères lituanien, Kestutis Budrys, a été critiqué par le Kremlin, qualifiant ses propos de « vergeant sur la folie », après avoir appelé à une démonstration de capacité de l’OTAN à pénétrer l’enclave de Kaliningrad, fortement militarisée et abritant la flotte balte russe.
| Pays | Têtes nucléaires estimées |
|---|---|
| Russie | ~4 400 |
| États‑Unis | ~3 700 |
| Chine | ~620 |
| France | ~290 |
| Royaume‑Uni | ~225 |
Ces chiffres, publiés par la Federation of American Scientists, montrent que la Russie détient le plus grand arsenal mondial, renforçant la portée symbolique de l’exercice.
Alors que la Russie continue d’afficher sa capacité nucléaire, l’inquiétude grandit quant à l’escalade des tensions en Europe de l’Est et aux risques de malentendus dans un climat déjà très tendu.