
L’indictment de Raúl Castro pour le tir à l’arme lourde qui a abattu deux avions civils de « Brothers to the Rescue » en 1996 vient d’ajouter une nouvelle tension à la relation déjà explosive entre les États‑Unis et La Havane.
En février 1996, deux petits avions Cessna, pilotés par des exilés cubains, ont été abattus par des chasseurs MiG‑29 cubains à quelques kilomètres au‑delà de la zone aérienne cubaine. Les quatre occupants, tous non armés, ont péri. L’événement a déclenché des années de plaintes familiales et de pressions diplomatiques, mais aucune poursuite directe n’avait été engagée contre les hauts responsables cubains.
Un grand jury de Miami a rendu, fin avril, un mandat d’arrêt contre le vieillissant Raúl Castro, alors ministre de la Défense, le chargeant de meurtre, de conspiration et de destruction d’avion. Cinq autres personnes, dont trois pilotes cubains, sont également inculpées.
« Depuis près de trente ans, les familles de quatre Américains assassinés attendent justice, » a déclaré Todd Blanche, procureur général adjoint, lors d’une cérémonie à Miami.
Les autorités américaines ont indiqué qu’elles « utilisent diverses méthodes pour traduire en justice des personnes en dehors du territoire », sans préciser comment elles comptent amener le 94‑ans Castro devant un tribunal. Les accusations portent la peine maximale – prison à vie ou peine de mort – si elles sont confirmées.
Le président cubain Miguel Díaz‑Canel a dénoncé l’action comme « une manipulation politique sans fondement juridique », affirmant que Cuba a agi en légitime défense. De son côté, Donald Trump a rappelé la volonté des États‑Unis d’intervenir, tandis que le sénateur Marco Rubio a exhorté le peuple cubain à réclamer une économie de marché.
L’affaire s’inscrit dans une campagne américaine plus large – blocus pétrolier, pressions économiques et menaces de « régime‑change » – visant à affaiblir le modèle communiste que Raúl Castro continue de symboliser malgré son retrait officiel du pouvoir en 2021.
Le monde attend de voir si cet indictment deviendra un tournant décisif ou un simple acte symbolique dans la longue confrontation américano‑cubaine.