
Une proposition inattendue fait couler le sang chaud : les États‑Unis envisagent d’installer, au Kenya, un centre de quarantaine et de traitement dédié aux Américains exposés au virus Ebola, afin d’éviter tout risque de contagion sur le sol américain.
L’épidémie d’Ebola, causée par la souche Bundibugyo, sévit dans le République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda. Selon les données du CDC, la RDC compte 906 cas suspects dont 105 confirmés, avec 223 décès suspects et 10 décès confirmés. L’Ouganda a enregistré 7 cas confirmés et un décès.
| Pays | Cas suspects | Cas confirmés | Décès suspects | Décès confirmés |
|---|---|---|---|---|
| RDC | 906 | 105 | 223 | 10 |
| Ouganda | – | 7 | – | 1 |
Le Trump administration, avec le soutien du U.S. Public Health Service Commissioned Corps (branche uniformée du Department of Health and Human Services), prépare le déploiement d’officiers de santé publique au Kenya. Le projet, encore en attente d’une approbation officielle du gouvernement kenyan, prévoit un établissement « équivalent » à un laboratoire de niveau BSL‑4 pour isoler, soigner et, si nécessaire, traiter sur place les citoyens américains à haut risque.
« Le gouvernement américain prévoit désormais de fournir un traitement complet au Kenya, au lieu de transférer les patients vers l’Europe », ont déclaré des initiés au New York Times.
Cette orientation marque une rupture avec les procédures précédentes, qui consistaient à évacuer les cas vers des centres de haute biocontention aux États‑Unis (Emory, Atlanta) ou vers l’Europe. Les partisans du plan soutiennent qu’il élimine le danger d’un transport aérien à longue distance, alors que les critiques l’accusent d’abdicuer de la responsabilité morale d’amener les Américains blessés chez eux.
Si le Kenya accepte, le pays deviendra un pivot de la diplomatie sanitaire américaine, mais il devra également garantir que le site fonctionnera sous la surveillance locale afin d’éviter tout débordement qui pourrait menacer la santé publique de l’Afrique de l’Est.
Le monde attend la décision kenyane ; l’enjeu est de savoir où se traceront les nouvelles frontières de la sécurité sanitaire internationale.