
Face à ce qu’il qualifie de « déclaration de guerre » de la Cour pénale internationale (CPI), le ministre des Finances israélien Bezalel Smotrich a signé ce mardi un ordre d’évacuation du village palestinien de Khan al‑Ahmar dans le centre de la Cisjordanie.
Smotrich affirme avoir agi après avoir appris qu’une « demande secrète » d’arrêté d’encourirait contre lui à La Haye. La CPI n’a pas confirmé l’existence d’un mandat, mais le tribunal a déjà émis, en 2024, des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour présumés crimes de guerre à Gaza.
« Nous n’accepterons pas les dictats hypocrites d’institutions biaisées qui s’opposent constamment à l’État d’Israël, à nos droits bibliques, historiques et juridiques », a déclaré Smotrich lors de la conférence de presse.
« Cette décision n’est que le début ; nous riposterons avec la guerre contre ceux qui déclarent la guerre », a-t-il ajouté, promettant d’utiliser tous les moyens à sa disposition en tant que ministre des Finances.
Le hameau, peuplé d’environ 200 Bedouins, se trouve dans la zone stratégique E1, qui relie les colonies juives de Jérusalem-Est à Ma’ale Adumim et divise la Cisjordanie en deux parties. Le village a déjà fait l’objet de plusieurs décisions de justice : la Haute Cour de justice a autorisé son évacuation en 2018, décision depuis longtemps suspendue sous la pression internationale.
« Le village a perdu sa protection juridique en 2018 lorsqu’une décision de la Cour suprême d’Israël a rejeté l’appel visant à bloquer sa démolition », indique le groupe de surveillance anti‑colonisation Peace Now.
Conflit de sources : certains rapports mentionnent 500 000 colons dans la zone C, alors que d’autres en parlent de 700 000. De même, le nom du village apparaît parfois sous la forme « Chan al‑Ahmar ». Les chiffres exacts n’ont pas été confirmés.
L’ordre d’évacuation, qui doit encore être approuvé par le cabinet de sécurité, suscite déjà des condamnations de la part du Hamas et des appels à l’intervention des Nations unies. Alors que la CPI maintient le secret sur ses procédures, la réaction d’Israël montre que la question juridique devient rapidement un levier politique.
Le sort de Khan al‑Ahmar restera un baromètre des tensions entre le droit international et la politique de colonisation en Cisjordanie.