
Les menaces d’une nouvelle vague de frappes russes sur Kyiv ont fait surface après un appel téléphonique entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le 25 mai.
Lavrov a indiqué à Rubio que Moscou allait lancer des « frappes systématiques et continues » contre les sites que la Russie considère comme utilisés par les forces armées ukrainiennes, ainsi que contre les « centres de décision ». Il a en outre rappelé l’avertissement du ministère russe invitant les missions diplomatiques à évacuer leurs personnels de la capitale ukrainienne.
« Les forces armées russes commencent à frapper systématiquement les structures situées à Kyiv qui sont utilisées pour les besoins des forces armées de l’Ukraine, ainsi que les centres où sont prises les décisions pertinentes. »
Les autorités russes justifient cette escalade comme une réponse aux « attaques terroristes » menées depuis Kyiv contre le territoire russe, tout en citant spécifiquement une attaque de drones ukrainiens du 22 mai sur un dortoir à Starobilsk (Luhansk), qui aurait fait 21 civils morts, dont des enfants. Kyiv conteste la description de l’incident, affirmant qu’il s’agissait d’une cible militaire liée à une unité de drones.
Le même week‑end, la Russie a mené l’une de ses plus importantes campagnes aériennes depuis le début du conflit, déployant environ 90 missiles et 600 drones, dont le missile hypersonique Oreshnik. Les bilans varient : certaines sources évoquent 2 morts et plus de 80 blessés, tandis que d’autres parlent de 4 morts et 91 blessés, dont trois enfants, principalement à Kyiv.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a dénoncé les menaces comme une forme de chantage destiné à intimider les diplomates occidentaux, appelant à une réponse « proportionnée » de l’Occident, incluant davantage d’aides et de sanctions contre la Russie. Le Département d’État américain n’a pas encore publié de compte rendu officiel de l’appel.
« Le président Vladimir Poutine doit comprendre qu’il n’obtiendra rien par la voie militaire. Il doit sauver son pays, s’il le peut encore, » a ajouté Sybiha.
Si les avertissements de Lavrov se concrétisent, la capitale ukrainienne pourrait subir de nouvelles frappes ciblant à la fois des infrastructures militaires et des bâtiments gouvernementaux, ce qui augmenterait la pression sur les diplomates étrangers déjà présents sur le terrain. La communauté internationale surveille de près la situation, craignant une escalade qui pourrait impliquer davantage de pays occidentaux dans le conflit.
Les prochains jours seront décisifs pour savoir si la Russie mettra réellement en œuvre ces menaces ou si la diplomatie parviendra à désamorcer la tension croissante.