
Une décision de justice inattendue vient de remettre à zéro la taxe de 100 000 $ que le gouvernement Trump avait imposée aux nouvelles demandes de visa H‑1B.
Le juge fédéral Leo Sorokin, de la Cour de district de Boston, a conclu que l’administration avait outrepassé son autorité en transformant le paiement en une taxe non autorisée par le Congrès, violant ainsi la Administrative Procedure Act. Dans un arrêt de 42 pages, il a écrit :
« La politique impose une taxe aux pétitions H‑1B sans la délégation requise du Congrès. »
Le recours a été mené par 20 procureurs généraux d’États démocrates, qui soutenaient que ce coût astronomique nuirait aux recrutements d’enseignants, de médecins et de chercheurs. Le programme H‑1B, qui délivre 65 000 visas plus 20 000 visas réservés aux titulaires de diplômes avancés (soit 85 000 au total chaque année), était déjà critiqué pour son coût habituel de 2 000 à 5 000 $ et son usage massif par les géants technologiques, dont près des trois quarts des approvals concernent des travailleurs indiens.
Les responsables de plusieurs États voient dans la décision une protection des secteurs essentiels :
« Cette victoire protège l’intégrité du programme H‑1B comme outil pour combler les graves pénuries de main‑d’œuvre dans l’éducation, la santé et la recherche médicale. » – Andrea Joy Campbell, procureure générale du Massachusetts.
Le président de l’American Medical Association, Bobby Mukkamala, a salué le jugement :
« Nous devons lever les obstacles, pas en créer de nouveaux, afin d’attirer des médecins qualifiés, surtout dans les zones rurales et sous‑desservies. »
Le Department of Homeland Security a dénoncé la décision comme une « activité judiciaire flagrante » contre les réformes d’immigration de Trump, tandis que le porte‑parole de la Maison Blanche, Taylor Rogers, a affirmé que l’administration était « confiante que cet ordre sera renversé en appel. »
Le litige n’est pas isolé : la U.S. Chamber of Commerce poursuit également la politique à Washington, et d’autres actions en justice sont en cours à San Francisco. Le tarif de 100 000 $ devait initialement expirer en septembre 2026, mais la décision de Sorokin l’annule dès maintenant, ouvrant la voie à une reprise du processus de recrutement des talents étrangers.
Le débat sur le pouvoir présidentiel en matière d’immigration et le besoin pressant de professionnels qualifiés restent au cœur du prochain affrontement juridique.