
Le National Health Service (NHS) en Angleterre et au Pays de Galles a récemment approuvé le téplizumab, une immunothérapie révolutionnaire capable de retarder l'apparition du diabète de type 1 d'environ trois ans. Cette décision, portée par le National Institute for Health and Care Excellence (NICE), marque l'avancée la plus significative dans le domaine du diabète depuis la découverte de l'insuline, il y a 105 ans.
Le téplizumab représente un tournant majeur, faisant passer l'approche médicale de la simple gestion des symptômes à une prévention proactive. Le traitement cible les patients âgés de huit ans et plus se trouvant au stade 2 de la maladie, caractérisé par la présence d'auto-anticorps et des anomalies de la glycémie, mais sans symptômes cliniques apparents. En désactivant la réponse immunitaire qui détruit les cellules productrices d'insuline dans le pancréas, cette thérapie permet de repousser le passage au stade 3, où la dépendance à l'insuline devient absolue.
Le protocole est intense mais limité : il nécessite des perfusions intraveineuses quotidiennes pendant 14 jours consécutifs. Selon les estimations du NICE, environ 1 100 adultes et enfants pourraient être éligibles à ce traitement durant la première année, avec une prévision de 820 patients par an une fois le rattrapage initial effectué.
Le Dr Elizabeth Robertson, directrice de la recherche chez Diabetes UK, a qualifié cette avancée de « début d'une nouvelle ère », soulignant que la médecine s'attaque désormais à la cause profonde de la maladie. Si le bénéfice clinique est immense — offrant aux jeunes patients des années de développement sans les contraintes d'une maladie chronique — le coût reste un obstacle majeur. Aux États-Unis, une cure de 14 jours coûte environ 193 000 dollars.
À Nairobi, bien que le téplizumab prouve l'efficacité de l'intervention immunitaire, les experts soulignent que l'accès financier demeure hors de portée. Dans un contexte mondial où le diabète de type 1 touche des millions de personnes, le téplizumab ne constitue pas une guérison, mais représente la première étape réussie pour transformer un diagnostic autrefois définitif en une condition médicalement gérable et, à terme, potentiellement évitable.