
Les nouveaux chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent une explosion des cas d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) depuis la fin du mois de mai, tandis que les équipes locales peinent à faire face à des conditions de travail épuisantes et à un manque de ressources.
Depuis le 29 mai, 390 nouveaux cas confirmés et 74 décès ont été enregistrés, portant le total à 515 cas et 91 décès en RDC au 6 juin, avec 12 guérisons. Plus de 5 000 contacts ont été identifiés et 16 travailleurs de la santé sont parmi les infectés. Dans le pays voisin, l’Ouganda signale 19 cas (dont 10 nouveaux depuis le 29 mai) et 2 décès.
« Le risque de transmission en RDC est très élevé et élevé dans les pays limitrophes, mais il reste faible pour le reste de l’Afrique et le monde », a déclaré l’OMS.
| Région | Cas confirmés | Décès |
|---|---|---|
| RDC | 515 (ou 488 selon les autorités congolaises) | 91 (ou 86) |
| Ouganda | 19 | 2 |
Source A indique 515 cas / 91 décès, tandis que Source B cite 488 cas / 86 décès. Les autorités congolaises n’ont pas confirmé la différence.
À Mongbwalu, épicentre de la souche rare « Bundibugyo », le Dr Richard Lokudu, directeur médical de l’hôpital général, déplore l’absence de rémunération :
« Je n’ai reçu aucune allocation et ce qui est arrivé à d’autres pourrait m’arriver », explique‑t‑il, ajoutant que le personnel travaille « sans repos, ne mangeant qu’une fois le soir ».
Les conditions de travail dans les mines d’or, où les ouvriers vivent dans des camps surpeuplés, favorisent la transmission du virus. Le manque de masques, de gants et de médicaments complique la prise en charge, et la méfiance de la population ralentit les interventions. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé que le virus « avait une grande avance », les laboratoires n’ayant pas pu détecter la souche à temps.
Un plan de 518 millions de dollars vient d’être lancé pour contenir l’épidémie, mais les conflits armés et les attaques de groupes rebelles continuent de menacer l’accès aux zones affectées.
Le sort des travailleurs de santé, qui luttent « contre la fatigue et le manque de moyens », reste le facteur décisif pour endiguer la propagation de ce nouveau souffle d’Ebola.