
Depuis le plateau de CNews, un propos « maire malien en France » a déclenché une vive polémique : le nouveau maire Bally Bagayoko de Saint‑Denis, premier élu de l’Île‑de‑France sous l’écharpe de la France insoumise, a vu son identité nationale remise en cause en direct, et a réagi d’une voix ferme sur le réseau X.
Le 13 mai, lors de l’émission L’heure des pros, l’éditorialiste Vincent Hervouet a déclaré :
« On a perdu le Mali et on a M. Bagayoko en échange. Vous avez un maire malien à Saint‑Denis, mais la France… »
Interrompu immédiatement par l’animateur Pascal Praud, qui a rectifié : « Non, vous avez un maire français à Saint‑Denis. », le chroniqueur a toutefois poursuivi en insistant sur les origines maliennes de l’élu et en affirmant que la France était « indésirable au Mali ».
Le 15 mai, Bagayoko a publié un long message sur X, rappelant :
« Je suis un élu de la République française. Je suis Français. Né de l’histoire de l’immigration, fier de mes origines, mais pleinement français et légitime. »
Il a dénoncé que qualifier un maire français de « maire malien » renvoie à une logique qui enferme des millions de citoyens d’origine immigrée dans une identité « éternellement renvoyée à une origine ». Selon lui, ces « amalgames identitaires » sont devenus si fréquents sur CNews qu’ils ne constituent plus un simple « dérapage », mais une « banalisation dangereuse du débat public ».
Le maire a rappelé que le Mali est un État souverain et que la France doit dépasser les « logiques postcoloniales ». Il a également rappelé son appel à une grande marche contre le racisme prévue le 21 juin et a précisé que le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine » suite à une plainte antérieure contre la chaîne.
Cette controverse met en lumière le débat persistant sur la place de l’immigration dans la République et sur la responsabilité des médias à éviter les stéréotypes. Le temps du paternalisme est révolu ; les discours restent à scruter.