Toyota Motor Corp., le géant automobile japonais, a annoncé un chiffre d'affaires record de 50 700 milliards de yens (environ 324 milliards de dollars) pour l'exercice fiscal 2026, s'achevant le 31 mars. Cette performance s'accompagne d'une croissance positive des ventes de véhicules sur des marchés clés comme l'Amérique du Nord, l'Europe et le Japon, avec des ventes mondiales de Toyota et Lexus en hausse de 2% pour atteindre près de 10,5 millions d'unités. En Amérique du Nord, les ventes ont bondi de 8,5% d'une année sur l'autre, atteignant 2,93 millions de véhicules, soit le niveau le plus élevé depuis 2017.
Malgré ces chiffres impressionnants, l'ombre des tarifs douaniers américains a lourdement pesé sur la rentabilité. Toyota a enregistré une rare perte d'exploitation de 1,9 milliard de dollars en Amérique du Nord pour l'exercice 2026, les tarifs ayant éclipsé tous les bénéfices de la région. L'impact total de ces tarifs est estimé à 1 400 milliards de yens pour l'année, ramenant la marge nord-américaine à -1,4% et transformant ce bastion commercial en une région déficitaire.
« Nous n'avons pas été en mesure de compenser entièrement l'impact des tarifs américains », a déclaré Takanori Azuma, directeur en chef du groupe comptable de Toyota. Il s'agit de la première fois en 16 ans que le constructeur automobile enregistre des pertes en Amérique du Nord, une situation inédite depuis la crise financière mondiale de 2008-2009. Le résultat d'exploitation global de Toyota a d'ailleurs chuté de 21,5% pour s'établir à environ 3 760 milliards de yens, en raison également de la hausse des coûts de main-d'œuvre et des matières premières.
Pour l'exercice fiscal 2027, Toyota prévoit un nouveau déclin d'environ 20% de son résultat d'exploitation, à 3 000 milliards de yens, avec des marges qui devraient glisser à 5,9%, en partie à cause du conflit au Moyen-Orient et d'autres incertitudes. Face à ces défis, Toyota intensifie ses investissements dans la fabrication aux États-Unis pour atténuer l'impact des tarifs. Le constructeur a annoncé en novembre 2025 un investissement prévu de 912 millions de dollars sur cinq ans pour stimuler la production de véhicules hybrides, s'inscrivant dans un engagement plus large de 10 milliards de dollars pour augmenter sa capacité de production américaine. Plus récemment, en mars, 1 milliard de dollars supplémentaire a été alloué à ses usines du Kentucky et de l'Indiana pour la production d'un deuxième véhicule électrique et l'augmentation des capacités pour les modèles hybrides Camry et RAV4. Le succès du RAV4 aux États-Unis, avec près de 480 000 unités vendues en 2025 et 42% de motorisations hybrides, souligne l'importance de cette stratégie.
Le chemin pour surmonter les obstacles tarifaires et les pressions sur les coûts s'annonce long pour Toyota, malgré sa puissance financière record.