
Le Programme alimentaire mondial (PAM), dont le siège est situé à Rome, a annoncé récemment une réduction drastique de ses opérations d'aide humanitaire en Syrie et auprès des réfugiés syriens installés dans les pays voisins. Cette décision fait suite à des « pénuries critiques de financement » qui entravent la capacité de l’agence onusienne à répondre aux besoins vitaux sur le terrain.
En mai, l'organisation a dû diminuer de 50 % son assistance alimentaire d'urgence, réduisant le nombre de bénéficiaires de 1,3 million à 650 000 personnes. Parallèlement, le PAM a mis fin à un programme national de subvention du pain qui soutenait quotidiennement des millions de civils.
Marianne Ward, directrice du PAM pour la Syrie, a tenu à clarifier le motif de ces coupes :
« La réduction de l’assistance du PAM est uniquement dictée par les contraintes de financement, et non par une diminution des besoins. »
Alors que l'agence était en mesure d'apporter son soutien à 5,8 millions de personnes dans les 14 gouvernorats du pays en 2025, elle est désormais contrainte de limiter ses interventions à seulement sept gouvernorats.
La situation demeure alarmante, avec 7,2 millions de personnes souffrant d'insécurité alimentaire aiguë en Syrie, dont 1,6 million se trouvent dans des conditions sévères. La précarité s'étend également aux réfugiés présents au Liban, en Jordanie et en Égypte, où l'inflation, l'instabilité et le manque d'opportunités économiques exacerbent la vulnérabilité des populations.
Pour maintenir ses opérations entre juin et novembre 2026, le PAM estime ses besoins financiers à 189 millions de dollars. Selon l'agence, un apport rapide de fonds est essentiel pour rétablir une assistance vitale, garantir l'accès au pain et éviter une dégradation humanitaire majeure dans une phase critique pour le relèvement de la Syrie.
La pérennité de l'aide alimentaire dépend désormais entièrement de la mobilisation des donateurs internationaux dans les six prochains mois.