
Des pluies torrentielles d'une violence inouïe ont dévasté une grande partie du Kenya, faisant au moins 45 morts à l'échelle nationale et provoquant un chaos généralisé, notamment dans la capitale, Nairobi. La situation humanitaire est alarmante, avec des milliers de personnes déplacées et de vastes zones transformées en véritables champs de ruines.
La capitale, Nairobi, est particulièrement touchée, ses rues transformées en torrents impétueux depuis vendredi soir. Si les autorités policières nationales ont recensé 45 cas de noyade à ce jour, les chiffres concernant la capitale divergent.
Le porte-parole de la police kényane, Michael Muchiri, a fait état de 2.224 personnes déplacées et de 45 noyades au niveau national. Cependant, d'autres estimations, comme celles du quotidien The Standard citant un responsable gouvernemental, indiquent que 26 décès auraient été recensés à Nairobi seul dimanche, tandis que la police mentionnait 23 morts samedi dans la ville. De plus, au-delà des chiffres officiels, plus de 50.000 personnes seraient sinistrées à travers le pays selon d'autres sources, et plusieurs individus restent portés disparus.
Les dégâts matériels sont immenses : des milliers de logements et de commerces ont été inondés, des infrastructures routières sont devenues impraticables et des terres agricoles ont été ravagées, touchant aussi bien les quartiers résidentiels aisés que les vastes bidonvilles. Les habitants décrivent des scènes de désolation. Frederick Wasonga, un commerçant du centre-ville, a raconté que "les berges de la rivière Nairobi se sont effondrées, emportant des véhicules et laissant l’eau s’engouffrer dans les magasins". Derrick Juma, un carrossier du même quartier, a affirmé que "deux de ses voisins sont morts, dont l’un après avoir été électrocuté".
Face à l'ampleur de la catastrophe, la gestion des autorités locales est vivement critiquée. Le gouverneur de Nairobi, Johnson Sakaja, avait promis d'améliorer les systèmes de drainage et les infrastructures routières après son arrivée au pouvoir en 2022, des promesses qui résonnent amèrement aujourd'hui. La Croix-Rouge kényane a qualifié la situation de "véritable catastrophe", soulignant que des centaines de foyers ont été détruits et de vastes surfaces agricoles ravagées également dans les comtés voisins.
Ces inondations s'inscrivent dans un contexte d'augmentation des événements climatiques extrêmes en Afrique de l'Est depuis une vingtaine d'années, alternant pluies intenses et sécheresses sévères. Le Kenya est confronté à une crise qui met en lumière la vulnérabilité de ses infrastructures face à la puissance d'une nature de plus en plus capricieuse.