
À Nashville, les républicains tennesseeens ont fait adopter, malgré des cris de protestation, une nouvelle carte congressional qui désagrège le district majoritairement afro‑américain de Memphis, un acte qui pourrait basculer la composition de la Chambre des représentants aux élections de mi‑mandat.
Le texte, approuvé jeudi soir après des débats houleux, découpe le comté de Shelby – le cœur de la ville de Memphis – en trois nouveaux districts républicains. Cette redéfinition vise à diluer le pouvoir électoral de la communauté noire et à menacer le mandat de Steve Cohen, le seul Démocrate blanc élu depuis des décennies. Le speaker Cameron Sexton a justifié le plan en invoquant uniquement la population et la politique, tandis que les législateurs noirs ont dénoncé une « forme de Jim Crow » destinée à « fracturer le vote des habitants noirs ».
« Vous ne pouvez pas prendre une ville majoritairement noire, la fractionner et nous dire que la race n’a rien à voir avec cela », a déclaré la sénatrice London Lamar.
Le vote du Tennessee s’inscrit dans une vague plus large : après la décision de la Cour suprême qui a affaibli la Loi sur les droits civiques en matière de districts minoritaires, le Louisiane, l’Alabama et la Caroline du Sud envisagent également de modifier leurs cartes pour favoriser les Républicains. Ces États espèrent ainsi obtenir des sièges supplémentaires, voire un déploiement complet d’une délégation républicaine. Bien que les partis estiment pouvoir gagner respectivement jusqu’à 13 et 10 sièges, les conflits juridiques restent incertains.
Dans ce jeu de pouvoir, la démocratie est mise à l’épreuve, et l’avenir des districts noirs reste incertain.
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