
La trêve entre les États-Unis et l'Iran est plus fragile que jamais, alors que l'échéance du cessez-le-feu approche et que des pourparlers cruciaux, mais incertains, sont attendus au Pakistan. L'escalade des tensions s'est intensifiée ce week-end, principalement autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime vitale pour le commerce mondial des hydrocarbures, et de dénonciations mutuelles de violations de la trêve.
Une délégation américaine, menée par le vice-président JD Vance, est en route pour le Pakistan, avec une arrivée prévue ce lundi soir, dans l'espoir de relancer les discussions de paix. Cependant, Téhéran a clairement exprimé son scepticisme. La télévision d'État iranienne (Irib) et l'agence Irna ont affirmé que l'Iran n'avait "actuellement pas de plans" pour participer à de nouvelles négociations, mettant en doute "le sérieux" des États-Unis. Le président américain Donald Trump a déclaré à Bloomberg que le cessez-le-feu expirera "mercredi soir, heure de Washington", jugeant une extension "très improbable". Il a en outre menacé sur PBS que "beaucoup de bombes exploseront" si les revendications américaines ne sont pas satisfaites, reprenant ses menaces antérieures d'anéantir "une civilisation entière".
La situation a été compliquée par la saisie, dimanche, par la marine américaine d'un cargo iranien, le Touska, dans le golfe d'Oman. Donald Trump a justifié cet acte en affirmant que le navire "a tenté de franchir notre blocus maritime". Téhéran, par la voix du porte-parole de l'état-major, a promis de "riposter bientôt" contre cet "acte de piraterie armée". Les médias iraniens avancent que la levée du blocus naval américain est une condition préalable aux pourparlers, mais Trump a insisté :
"Nous ne lèverons pas [le blocus] tant qu’il n’y aura pas de deal". Le président français Emmanuel Macron, observant les développements, a qualifié la situation d'"erreur des deux côtés" concernant Ormuz, estimant que la décision américaine de maintenir un blocus avait conduit l'Iran à reprendre un "strict contrôle" du détroit. Donald Trump a quant à lui affirmé que l'Iran perdrait 500 millions de dollars par jour à cause de ce blocus. Le président chinois Xi Jinping a, de son côté, souligné l'importance de maintenir le détroit d'Ormuz "ouvert", alors que les cours du pétrole ont fortement augmenté.
Les positions restent également divergentes sur le dossier nucléaire, Téhéran niant vouloir se doter de la bombe atomique et défendant son droit au nucléaire civil, tandis que Trump affirme que l'Iran aurait accepté de restituer son uranium hautement enrichi, ce que Téhéran a démenti. Le président iranien Massoud Pezeshkian a prévenu :
"Les Iraniens ne se soumettent pas à la force." Dans ce contexte explosif, où le conflit au Liban a déjà fait 2 387 morts en six semaines, l'avenir des pourparlers et la stabilité régionale demeurent profondément incertains.