
Une visite rare qui marqueun tournant dans les relations Asie. Xi Jinping foulait le sol nord‑coréen après sept ans d’absence, débarquant à Pyongyang pour un sommet bilatéral qui coïncide avec le 65ᵉ anniversaire du traité d’amitié entre les deux pays. Accueilli par un tapis rouge, un salut de 21 coups de feu et une performance musicale, le dirigeant chinois a salué une « amitié invincible », tandis que Kim Jong Un le qualifiait de « plus grand hôte d’État », soulignant que le choix de la Corée du Nord comme première destination étrangère cette année constituait « le soutien le plus encourageant » pour le régime.
Les deux dirigeants ont convenu de renforcer la communication stratégique et d’élargir la coopération dans le commerce, l’agriculture, la construction et la technologie. Xi Jinping a déclaré que la Chine était prête à aider la Corée du Nord à « se moderniser », tout en affirmant que les deux pays devaient « sauvegarder fermement leurs intérêts de souveraineté et de sécurité ». Cette promesse s’inscrit dans un contexte où la Chine cherche à contrebalancer le rapprochement de la Corée du Nord avec la Russie, notamment en matière d’approvisionnement militaire.
Parallèlement, Kim Jong Un a réaffirmé son soutien total au « principe d’une seule Chine », rappelant que la Corée du Nord considère Taiwan comme faisant partie intégrante du territoire chinois. Aucun des communiqués ne mentionne explicitement le programme nucléaire, bien que les tensions autour de ce dossier restent un facteur sensible. La visite s’inscrit aussi dans la stratégie chinoise de réaffirmer son influence économique – la Corée du Nord dépend de la Chine pour plus de 90 % de ses échanges commerciaux – et de préparer un levier diplomatique face aux ambitions américaines.
« Nous devons s’opposer à toute forme d’hégémonie, d’autoritarisme et de militarisme qui menace la stabilité régionale », a déclaré Xi Jinping, citant le Rodong Sinmun.
Cette réapproche devrait renforcer la position de Xi Jinping dans les relations sino‑américaines, tout en offrant à la Corée du Nord un partenaire économique crucial alors que les soutiens russes risquent de s’épuiser.