
Les producteurs ivoiriens voient leur revenu chuter de façon spectaculaire : le prix que le gouvernement paie pour le « or brun » a plus que divisé en moins d’un mois.
Face à une chute d’environ 60 % des cours mondiaux du cacao et à un risque de surstockage, le ministère de l’Agriculture, dirigé par Bruno Nabagné Koné, a annoncé le 4 mars à Abidjan que le tarif « bord champ » de la campagne intermédiaire passe à 1 200 francs CFA le kilogramme, contre 2 800 francs CFA lors de la campagne principale.
| Période | Prix (francs CFA/kg) | Variation |
|---|---|---|
| Campagne principale (oct. 2023) | 2 800 | – |
| Campagne intermédiaire (mars 2024) | 1 200 | ‑ 57 % |
Le ministre a expliqué que la décision était motivée par la « chute des cours du cacao sur le marché international ». Il a ajouté que l’État a déjà racheté 64 000 tonnes sur les 100 000 tonnes de cacao entreposées, afin de stabiliser la filière.
« Cette décision n’a pas été prise de gaieté de cœur. Nous aurions souhaité un meilleur prix », a déclaré Bruno Nabagné Koné.
Les agriculteurs, déjà fragilisés par la volatilité des prix, manifestent leur inquiétude : plusieurs affirment ne pas avoir été entièrement payés pour leurs récoltes, redoutant que la baisse du prix d’achat ne rende leurs exploitations non rentables. Le soutien de l’État, à travers les achats d’une partie du stock, vise à éviter une crise de liquidités, mais les voix du terrain réclament davantage d’accompagnement financier et de garanties de paiement.
Alors que le cacao représente près de 40 % des recettes d’exportation ivoiriennes, cette réduction de tarif pourrait remodeler la chaîne d’approvisionnement et pousser le pays à chercher de nouvelles stratégies pour protéger ses producteurs. Le prochain défi : maintenir la compétitivité du cacao ivoirien tout en assurant la survie des petits exploitants.
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