
Le procès qui s’ouvre ce lundi devant le tribunal fédéral d’Oakland place Elon Musk et Sam Altman – cofondateurs d’OpenAI – au cœur d’une bataille juridique qui dépasse leurs différends personnels : il s’agit de décider qui doit gouverner l’intelligence artificielle et dans quel but.
En 2015, Musk et Altman créent OpenAI comme laboratoire à but non lucratif, promettant que la technologie serait « au service du monde ». Musk y injecte 38 millions de dollars. Dix ans plus tard, la société vaut 852 milliards de dollars et prépare son introduction en bourse, tandis que Musk a lancé xAI, intégré à SpaceX, évalué à 1 250 milliards de dollars.
En 2017, Musk menace de retirer son financement si OpenAI ne reste pas non lucrative; Altman répond « je reste enthousiaste à l’égard de la structure à but non lucratif ». Quelques mois après, OpenAI crée une filiale commerciale et, à partir de 2019, Microsoft investit 13 milliards de dollars, portant sa participation à ≈ 135 milliards de dollars.
| Entité | Valeur estimée | Investissement clé |
|---|---|---|
| OpenAI | 852 md | Microsoft 13 md |
| xAI / SpaceX | 1 250 md | – |
| Elon Musk (invest.) | 38 M | – |
Le juge Yvonne Gonzalez Rogers a limité le rôle du jury à un avis consultatif et doit trancher d’ici mai trois questions :
Musk, qui réclamait initialement 134 milliards de dollars en dommages, a renoncé à tout bénéfice personnel et s’est engagé à verser d’éventuelles réparations à la fondation OpenAI. La juge se réserve le pouvoir de fixer le montant, sans l’avis du jury.
Le dossier a fait éclater des courriels internes, dont le journal de Greg Brockman, qui évoquait dès 2017 la possible transformation commerciale comme « mensonge ». OpenAI rétorque que Musk savait que la commercialisation était inévitable et accuse le procès d’une manœuvre anticoncurrentielle au profit de xAI.
« Cette affaire a toujours été motivée par l’ego, la jalousie et le désir de ralentir un concurrent », a déclaré OpenAI en avril.
Le témoignage de Shivon Zilis, mère de quatre enfants de Musk et ancienne administratrice d’OpenAI, sera crucial ; la société prévoit de contester sa crédibilité. Le verdict, attendu le 18 mai, pourrait déterminer non seulement le futur statut d’OpenAI, mais aussi le cadre de régulation des géants de l’IA.
Le monde attend le dénouement : le destin de l’une des plus grandes puissances technologiques est désormais entre les mains d’un jury consultatif et d’une juge déterminée.