
Les élections législatives du 12 avril en Hongrie pourraient bien renverser le tableau politique qui, jusqu’ici, semblait verrouillé en faveur du Premier ministre Viktor Orbán.
Après 16 ans à la tête du pays, Orbán mise sur une cinquième victoire consécutive. Mais depuis l’automne 2025, les sondages le placent loin derrière le Parti Respect et liberté (Tisza), mené par Péter Magyar, avocat de 45 ans et ancien député du Fidesz. Magyar, qui a quitté le parti d’Orbán il y a deux ans pour fonder un mouvement de centre‑droit, apparaît comme la principale surprise de la campagne, attirant les électeurs désillusionnés par la dérive illibérale du gouvernement.
Le bilan économique du gouvernement est fragile : la croissance du PIB a chuté à 0,6 % fin 2025 et les prix ont bondi de 50 % entre 2020 et 2025, même si l’inflation commence à reculer. Le pays attend désespérément les 18 milliards d’euros de fonds européens actuellement gelés pour non‑respect de l’État de droit, tandis qu’Orbán a récemment bloqué le prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine, invoquant le non‑réparé de l’oléoduc russe Droujba.
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Croissance du PIB | 0,6 % |
| Inflation (2020‑2025) | +50 % |
| Fonds UE bloqués | 18 milliards € |
| Prêt Ukraine refusé | 90 milliards € |
Sur le plan international, Orbán bénéficie du soutien de l’administration américaine « trumpiste », avec la visite du vice‑président JD Vance à Budapest. Parallèlement, le Kremlin serait derrière une campagne de désinformation et aurait même envisagé, selon le Washington Post, un plan d’assassinat simulé contre le Premier ministre pour « modifier fondamentalement le paradigme de la campagne électorale ».
« Le projet russe, surnommé “Gamechanger”, viserait à faire remonter la cote d’Orbán en créant une crise politique majeure », indique le quotidien américain.
Alors que les Hongrois se préparent à voter, l’enjeu dépasse le simple renouvellement du pouvoir : il s’agit de l’avenir économique du pays, de son positionnement vis‑à‑vis de l’Union européenne et de la capacité de la société à résister aux pressions extérieures. Le résultat du scrutin pourrait bien redéfinir la trajectoire de la Hongrie pour les années à venir.