
Les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko s’intensifient, plongeant le Sénégal dans une lutte de pouvoir qui risque de redessiner la scène politique avant les élections de 2029.
Depuis les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024, le parti PASTEF détient 130 sièges sur les 165 places de l’hémicycle, soit plus de 78 % des voix. Cette suprématie donne au parti un levier décisif dans tout éventuel conflit entre les deux têtes de l’exécutif.
| Corps législatif | Sièges totaux | Sièges PASTEF | % de la chambre |
|---|---|---|---|
| Assemblée nationale | 165 | 130 | 78 % |
Le ministre de l’Environnement, Dr Abdourahmane Diouf, a rappelé que la victoire présidentielle avait naturellement conduit à la domination parlementaire de PASTEF :
« C’est la coalition DiomayePrésident qui a élu le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Cette victoire a permis à PASTEF de remporter ensuite les législatives. »
Du côté du président, Diomaye consolide son autorité en s’appuyant sur une coalition élargie qui ne dépend plus uniquement de PASTEF. Des proches, comme Aminata Touré ou Abdourahmane Diouf, critiquent ouvertement le Premier ministre, signalant une préférence pour un contrôle plus direct des institutions.
En revanche, Sonko voit son influence au sein du gouvernement diminuer. Il a évoqué la possibilité d’une « cohabitation douce » lors de l’émission « Face aux militants », insistant que PASTEF doit rester au cœur de la gouvernance. Certains analystes soulignent toutefois que Sonko ne contrôle pas la totalité des députés ; même parmi les 130 élus, une minorité montre publiquement son soutien à Sonko.
À court terme, Diomaye semble gagner du terrain, tandis que la popularité de Sonko s’effrite. À plus long terme, une rupture définitive pourrait pousser Sonko à se repositionner comme figure d’opposition, potentiellement capable de mobiliser les électeurs déçus par les promesses de changement. Le risque d’un blocage institutionnel augmente, d’autant que la Constitution interdit au président de dissoudre l’Assemblée avant deux ans.
Le peuple sénégalais, qui avait placé ses espoirs dans une rupture politique, pourrait bien être le grand perdant de ce duel au sommet du pouvoir.
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