
Le sommet Choose France, grand rendez-vous annuel consacré aux investissements étrangers, a clôturé sa neuvième édition sur un bilan record. Les annonces, portées principalement par le développement de l'intelligence artificielle (IA) et des centres de données, totalisent 93 milliards d'euros et devraient générer la création de 15 600 emplois.
Ces engagements dépassent à eux seuls le cumul des huit précédentes éditions, qui atteignait 87 milliards d'euros. Le géant japonais SoftBank se place en tête des investisseurs, représentant près de la moitié du montant total. En partenariat avec le groupe français Schneider Electric, la firme prévoit le développement de centres de données dans les Hauts-de-France, avec un investissement de 45 milliards d'euros d'ici 2031, pouvant atteindre 75 milliards à terme.
D'autres acteurs majeurs, tels que le gestionnaire canadien Brookfield, le fonds émirati MGX, ainsi que des entreprises comme Salesforce et Ardian, ont également officialisé des projets d'envergure. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a réitéré l'ambition du gouvernement de « créer des chaînes de valeur complètes » autour de l'IA pour en faire un moteur de prospérité nationale.
Présent lors de cet événement, Emmanuel Macron a publiquement engagé sa « crédibilité » sur la concrétisation et le respect des délais pour l'ensemble des projets annoncés. Le président a attribué ce succès à la stabilité des réformes fiscales et du droit du travail menées depuis 2017, tout en soulignant la compétitivité de l'énergie nucléaire française.
Si le sommet est salué pour son attractivité, l'économiste Sylvain Bersinger tempère ces résultats, estimant que les annonces de Versailles « ne doivent pas masquer le fait que l'investissement total des entreprises en France est déprimé ».
Le chef de l'État a toutefois appelé à poursuivre les efforts de simplification réglementaire, rappelant que si la France est « première de la classe en Europe » selon le baromètre EY, elle doit viser une compétitivité accrue à l'échelle mondiale. Depuis 2018, plus de 230 projets ont été recensés lors de ces sommets, pour un total estimé à 50 000 emplois industriels nouveaux.