
OpenAI a officiellement annoncé, via son blog, le dépôt d’un formulaire S‑1 confidentiel auprès de la SEC, déclenchant la première vague d’introductions en bourse d’entreprises d’intelligence artificielle après la même démarche d’Anthropic et avant l’entrée prévue de SpaceX.
Le géant du ChatGPT – valorisé à 852 milliards de dollars après une levée historique de 122 milliards en mars – a déposé son dossier un jour après qu’Anthropic a annoncé la sienne, avec une valorisation annoncée à 965 milliards de dollars (certaines sources évoquent même un trillion). Cette succession d’annonces place les investisseurs devant le choix du « benchmark » qui fixera la valorisation du secteur IA. Goldman Sachs et Morgan Stanley mènent le processus pour OpenAI, tandis que Microsoft détient 27 % du groupe, soit 135 milliards de dollars de participation.
« Nous nous attendons à ce que cela fuit, donc nous annonçons simplement. Nous n’avons pas encore décidé du moment; cela pourrait prendre du temps car certaines choses sont plus faciles à faire en tant qu’entreprise privée. »
OpenAI n’a pas encore communiqué de prix ni de nombre d’actions, mais plusieurs indicateurs signalent un modèle économique sous pression. Le Wall Street Journal rapporte que l’entreprise n’a pas atteint ses objectifs de croissance d’utilisateurs (moins de 1 milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires visés pour 2025) et que ses revenus mensuels sont en dessous des prévisions. Le CFO Sarah Friar a indiqué que l’entreprise prévoit de brûler 85 milliards de dollars d’ici 2028 et ne verra un flux de trésorerie positif qu’en 2030.
« Il est bon d’agir comme une société publique, même si nous ne divulguons pas encore nos résultats. » (Sarah Friar)
Parallèlement, OpenAI a récemment remporté une victoire judiciaire contre Elon Musk, qui cherchait à annuler le pacte fondateur et à évincer le PDG Sam Altman.
Si l’introduction d’OpenAI se solde par un succès boursier, elle pourrait confirmer la flambée des investissements dans l’IA et soutenir d’autres levées de fonds. À l’inverse, un lancement timide risquerait de refroidir l’engouement et d’influencer les valorisations d’Anthropic, de Google et de SpaceX. Le débat persiste : la décision d’ouvrir le capital répond-elle à une vraie maturité opérationnelle ou à la nécessité urgente de liquidités ?
Le monde de la finance surveille de près ce qui pourrait devenir l’une des plus grandes IPO de l’histoire.