
Une affaire de vol et de démantèlement de taxi, qui a captivé l'attention à Dakar, a trouvé son épilogue judiciaire la semaine dernière. Cinq individus — K. R. Seck, A. Faye, D. Diouf, M. Amar et K. Sarr — ont comparu devant le tribunal d’instance de Dakar, accusés de vol, complicité et recel de véhicule, une affaire initiée par le plaignant François Cabo.
Au cœur de l'affaire, le taxi de François Cabo, acquis pour 2,5 millions de F CFA en 2018, qui avait disparu le samedi 14 février alors qu'il était en panne et stationné. L'enquête, s'appuyant sur des images de vidéosurveillance et des témoignages, a rapidement permis d'identifier plusieurs personnes remorquant le véhicule. K. Sarr, le chauffeur du taxi-bagages utilisé pour le remorquage, a reconnu avoir effectué ce service contre 15 000 F CFA, affirmant avoir ignoré l'origine frauduleuse du véhicule. Il a précisé avoir été mis en contact avec des ferrailleurs par l'intermédiaire de M. Amar, un tôlier.
Les investigations ont ensuite mené à l'arrestation des ferrailleurs A. Faye et D. Diouf, qui ont déclaré avoir acheté le taxi auprès de K. R. Seck, un conseiller municipal de Grand-Dakar. Ce dernier a admis avoir vendu le véhicule pour 170 000 F CFA, sans aucun document légal. Le taxi n'est resté que deux jours entre les mains des ferrailleurs avant d'être entièrement démantelé, selon les déclarations faites à la barre. Le plaignant François Cabo réclamait 3,8 millions de F CFA en réparation pour le préjudice subi.
À l'issue du procès, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, aboutissant à des verdicts contrastés. M. Amar et K. Sarr ont été relaxés. En revanche, K. R. Seck a été condamné à trois mois de prison ferme, tandis que A. Faye et D. Diouf ont chacun écopé d'un mois de prison ferme. Les trois condamnés devront également verser solidairement la somme de 2,5 millions de F CFA au plaignant en guise de dommages et intérêts. Une décision qui clôt un chapitre douloureux pour la victime et rappelle la vigilance nécessaire face au marché des pièces détachées.