
Le 15 mai 2026 a marqué la fin de l’ère Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale, ouvrant la voie à Kevin Warsh, le 18ᵉ président de la Fed en plus de 110 ans d’histoire. Powell reste cependant membre du Conseil des gouverneurs pour la durée restante de son mandat de 14 ans, ce qui signifie que son influence sur la politique monétaire ne disparaît pas du jour au lendemain.
Le départ de Powell survient alors que le FOMC (comité des opérations de marché ouvert) continue de jongler avec son double mandat : stabilité des prix et plein emploi. Au cours de son dernier mandat, les relations tendues avec l’ex‑président Donald Trump sur les taux d’intérêt ont souvent fait la une, mais ce qui retiendra surtout l’attention des investisseurs, c’est la remarque inhabituelle que Powell a faite en septembre 2025 :
« Nous examinons les conditions financières globales et nous nous demandons si nos politiques les influencent comme nous le souhaitons. Mais vous avez raison ; à bien des égards, les cours boursiers sont assez fortement valorisés. »
Cette phrase de six mots, la première du genre depuis près de trois décennies, rappelle la fameuse alerte « irrational exuberance » d’Alan Greenspan en 1996.
Le ratio Shiller (CAPE), qui lisse les bénéfices sur dix ans, affichait 42,32 à la clôture du 13 mai, soit le deuxième niveau le plus cher jamais enregistré, derrière le pic de 44,19 en décembre 1999. Pour mettre ce chiffre en perspective :
| Période | CAPE moyen historique | CAPE au 13 mai 2026 |
|---|---|---|
| Depuis 1871 | 17,36 | 42,32 |
| Bulle internet (1999) | — | 44,19 |
Sur les 155 dernières années, seules six fois le CAPE a dépassé 30 ; les cinq précédentes ont précédé des corrections de 20 % à 89 % sur le Dow Jones, le S&P 500 ou le Nasdaq. L’histoire suggère donc qu’un tel niveau pourrait précéder une forte baisse du marché.
En résumé, le passage de bâton entre Powell et Warsh s’accompagne d’une mise en garde claire : les valorisations boursières sont aujourd’hui à des sommets historiques, et les données historiques laissent craindre une correction imminente. Le marché devra désormais naviguer avec prudence, sous le regard vigilant d’une nouvelle génération de décideurs.