
En plein London Tech Week, le Premier ministre britannique Keir Starmer a lancé un ultimatum sans précédent aux géants du numérique : sous trois mois, Apple et Google doivent activer des garde‑fous sur leurs appareils afin d’empêcher les mineurs de prendre, partager ou consulter des images nues, ou bien la gouvernement introduira une législation contraignante.
Le gouvernement veut rendre « impossible pour les enfants de se procurer des photographies nues sur leurs appareils », a déclaré le Premier ministre, citant directement les propos : « Aujourd’hui, je demande aux entreprises technologiques d’introduire des contrôles au niveau des appareils pour empêcher les enfants de prendre, partager ou voir des images nues. Et si elles n’agissent pas, nous le ferons. »
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à lutter contre la hausse du contenu sexuel auto‑généré, du sexting et du harcèlement en ligne. Les autorités évoquent notamment que 91 % des signalements d’abus sexuels en ligne sur les enfants impliquent ce type de material. Les appareils iOS et Android, qui dominent le marché britannique, seraient donc soumis à des contrôles obligatoires « par défaut » pour les moins de 18 ans, avec la possibilité pour les adultes de désactiver ces filtres uniquement après vérification d’âge.
Les géants du secteur n’ont pas tardé à répondre : Google affirme travailler « construitivement » sur des solutions préservant la vie privée, tandis qu’Apple n’a pas rendu de commentaire public, mais a demandé une vérification d’âge pour les applications 18+ au Royaume‑Uni.
« Tech companies like Apple and Google have three months. Activate safeguards on smartphones and tablets to detect and block nude images for children or we will bring forward legislation to force you to do so, » a averti le Home Office surX.
Cependant, des voix s’élèvent contre le risque d’une surveillance généralisée. Big Brother Watchqualifie ces exigences de « vérification d’identité pour accéder à Internet », soulevant la crainte que les contrôles destinés aux mineurs ne s’étendent à tous les usagers.
À compter d’une éventuelle deadline d’« début septembre », le Royaume‑Uni pourra imposer des amendes, voire des sanctions pénales aux dirigeants d’Apple et Google s’ils ne se conforment pas.
Si les entreprises techient, le pays risque de poser un nouveau jalon juridique : la possibilité pour un gouvernement de dicter le comportement par défaut des systèmes d’exploitation.
En somme, le message est clair : la sécurité des enfants en ligne ne sera plus un sujet de discussion, mais une contrainte législative imminente.