
L'ancien président Joe Biden a obtenu un sursis de trois semaines pour empêcher la divulgation d'enregistrements audio et de transcriptions liés à l'enquête du procureur spécial Robert Hur sur les documents classifiés. Une juge fédérale a accordé une injonction provisoire pendant qu'une cour d'appel fédérale examine son recours.
Ces enregistrements proviennent d'entretiens de M. Biden avec Mark Zwonitzer, le co-auteur de ses mémoires de 2017, "Promise Me, Dad". La juge de district américaine Dabney Friedrich, nommée par Trump, a émis cette injonction en attendant l'appel, empêchant le ministère de la Justice de publier les documents pendant que la Cour d'appel du circuit de D.C. délibère. Cette décision est intervenue quelques heures seulement après que la juge Friedrich eut rejeté la demande d'injonction préliminaire de M. Biden, qui aurait stoppé la publication définitivement.
La bataille juridique pourrait déterminer si les Américains entendront un jour les enregistrements qui ont influencé la décision du procureur spécial Hur de ne pas poursuivre M. Biden pour sa gestion de documents classifiés. L'audio est sous intense surveillance car M. Hur a soulevé des questions sur la mémoire de M. Biden en expliquant pourquoi il avait refusé de porter des accusations. Le rapport de M. Hur, publié en 2024, a souvent fait référence à ces conversations enregistrées, décrivant certains échanges comme "péniblement lents" et notant que M. Biden avait parfois du mal à se souvenir d'événements, ce qui a alimenté l'examen de ses capacités cognitives.
Le ministère de la Justice avait initialement retenu ces documents, mais a inversé sa position plus tôt cette année, jugeant qu'ils pouvaient être publiés avec des caviardages en raison d'un intérêt public significatif. M. Biden a ensuite intenté un procès en mai pour stopper la divulgation, arguant que les bandes audio contenaient des conversations privées protégées par la loi sur la protection de la vie privée et que leur publication constituerait une action arbitraire du gouvernement. Des organisations comme la Heritage Foundation cherchent ces enregistrements depuis plus de deux ans via des demandes FOIA, arguant d'un fort intérêt public.
L'équipe juridique de M. Biden, menée par Amy Jeffress, a fait valoir qu'une fois les enregistrements publiés, toute protection de la vie privée serait perdue et l'appel deviendrait caduc. Ils ont également souligné que M. Biden est désormais un citoyen privé qui ne détient ni ne recherche de fonction publique.
Ce bras de fer juridique pourrait donc sceller le sort de ces conversations décisives dans l'évaluation de la mémoire de l'ancien président.