
Les milices chiites irano‑irakiennes, longtemps le fer de lance de la politique de Téhéran en Mésopotamie, restent aujourd’hui sur la touche alors que les États‑Unis et Israël ont déclaré la guerre à l’Iran.
Depuis les années 2000, l’Iran a dépensé des milliards de dollars pour former et équiper des combattants étrangers, créant une chaîne de groupes paramilitaires capables de répondre à une menace directe contre la République islamique. Aujourd’hui, selon plusieurs responsables irakiens et occidentaux cités par Reuters, ces forces ne reçoivent plus d’ordres concrets depuis Téhéran. Le commandant d’une milice du sud, connu sous le pseudonyme « A.J. », a déclaré :
« Même si l’Iran donne le feu, seuls deux ou trois groupes réagiraient ; la plupart ne sont plus fiables. »
Des assassinats ciblés de chefs, la fermeture des routes d’approvisionnement et la transformation de commandants en hommes d’affaires ou en parlementaires ont, selon l’expert Gareth Stansfield (Université d’Exeter), « affaibli le pivot d’alliance construit par l’Iran ». Les milices, autrefois dotées de financements de plus de 3 milliards de dollars annuels via les Forces de mobilisation populaire, voient leurs arsenaux devenir obsolètes, sans nouvelles livraisons depuis le dernier affrontement avec Israël.
Les autorités de sécurité irakiennes avertissent qu’une offensive à grande échelle pourrait se déclencher si le conflit s’éternise, si les chiites sont visés par des frappes américaines‑israéliennes ou si les milices kurdes soutenues par Washington attaquent l’Iran. Cependant, aucune mobilisation n’a suivi l’attentat qui a tué le guide suprême Ali Khamenei ; même les foules massives de chiites rassemblées près de la Zone verte à Bagdad ont été dispersées sans que les chefs des milices ne prennent la parole, se limitant à des appels symboliques.
La mort de Qassem Soleimani (2020) et de Hassan Nasrallah (2024) a profondément désorganisé le réseau, les milices irakiennes se confinant désormais à l’Irak et à Téhéran, abandonnant leurs activités au Liban et en Syrie après la chute du régime d’Assad et l’instauration d’Ahmed al‑Sharaa (2025). La plupart privilégient aujourd’hui la survie politique et économique, certains recherchant même le dialogue avec des responsables européens et américains.
Le spectre d’une nouvelle escalade reste présent, mais pour l’instant, le « coup de frein » que s’est imposé l’alliance Iran‑Irak montre que les anciens soldats de la « Résistance islamique d’Irak » ne sont plus prêts à déclencher une guerre ouverte. La région attend de voir si un incident religieux ou sectaire pourra à nouveau rallumer la flamme de la confrontation.
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