
Les procureurs italiens ont ouvert, le 8 juin, une enquête officielle contre le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben‑Gvir pour « torture et enlèvement » d’activistes détenus lors de l’interception du flotteur humanitaire Global Sumud.
Fin mai, les forces navales israéliennes ont saisi le flot de près de 430 activistes au large de la Grèce, dans les eaux internationales, alors qu’ils tentaient de briser le blocus de Gaza. Parmi eux, des ressortissants de plus de 40 pays, dont plusieurs Italiens et des Sud‑Coréens. Les détenus ont été transportés au port d’Ashdod, où ils ont été filmés, les mains attachées derrière le dos, en position de genoux. Ben‑Gvir a ensuite publié la vidéo sur X, se promenant parmi les prisonniers, agitant le drapeau israélien et les raillant.
« Je ne fuirai aucune enquête et je continuerai à me tenir fièrement aux côtés de nos combattants. » – Itamar Ben‑Gvir
Des activistes français ont qualifié la scène d’« extrêmement violente, humiliante et déshumanisante », tandis que le Service pénitentiaire israélien a nié toute forme d’abus.
L’Italie a jugé la conduite « inacceptable », a convoqué l’ambassadeur israélien et a demandé à l’Union européenne d’examiner d’éventuelles sanctions contre Ben‑Gvir. La même semaine, la France a déclaré le ministre « interdit d’entrée » sur son territoire et a ouvert, à son tour, une enquête sur d’éventuels crimes de guerre et actes de torture.
Les autorités européennes devaient rendre, selon les sources italiennes, une décision sur les sanctions dès le lundi suivant l’ouverture de l’enquête italienne.
Ce double examen juridique, mené par Rome et Paris, illustre la tension croissante entre Israël et plusieurs États européens face aux actions menées lors d’opérations humanitaires en mer. La suite de ces investigations pourrait bien redéfinir les limites du blocus et les réponses diplomatiques à l’échelle continentale.