
Les tensions entre France, le Nigeria et les nouveaux acteurs sahéliens transforment l’intégration ouest‑africaine en un véritable champ de bataille géopolitique.
Créée en 1973, la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) regroupait six pays francophones (Côte d’Ivoire, Haute‑Volta, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal). Son existence a dérangé le Nigeria, qui a soutenu la création de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en 1975 afin d’associer les pays anglophones. La CEAO a été officiellement dissoute en 1994, laissant place à une intégration plus large mais également plus sensible aux pressions extérieures.
En septembre 2023, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont lancé l’Alliance des États du Sahel (AES), qui a été élevée au rang de confédération en juillet 2024. Au‑delà d’une coopération militaire, l’AES vise à créer une monnaie sahélienne, à développer des corridors portuaires alternatifs et à réduire la dépendance aux institutions financières de la CEDEAO.
« La bataille la plus symbolique reste celle du Franc CFA. »
Les intérêts français restent concentrés sur trois piliers : la Côte d’Ivoire (plus de 600 entreprises françaises, hub logistique), le Sénégal (infrastructures ferroviaires et énergie avec TotalEnergies) et le Nigeria (fournisseur majeur de pétrole et de gaz).
Alors que la CEDEAO lutte pour sa survie institutionnelle après le départ des trois pays fondateurs, l’AES tente de bâtir un modèle « sécurité d’abord, économie ensuite ». Si l’alliance parvient à matérialiser ses projets d’infrastructures et de monnaie, elle pourrait redessiner la carte géopolitique de l’Afrique de l’Ouest.
Le prochain défi : convertir les promesses de souveraineté en bénéfices tangibles pour les populations sahéliennes.
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