
Les annonces de Donald Trump d’imposer des droits douaniers de 10 % à 12,5 % sur les produits de 60 pays ont fait l’effet d’une bombe : le gouvernement américain veut sanctionner les partenaires qui, selon Washington, ne bloquent pas les importations issues du travail forcé.
Le projet repose sur la Section 301 du Trade Act de 1974 et survient après que la Cour suprême a déclaré illégaux les « tarifs du jour de la libération » en février, suivi d’une décision d’un tribunal commercial jugeant illégaux les tarifs généraux de 10 % que Trump avait déjà mis en place – bien que ceux‑ci restent en vigueur pendant l’appel.
Le rapport de 98 pages qui alimente la mesure identifie uniquement le Canada, l’Équateur, l’Union européenne, l’Indonésie, le Mexique et le Pakistan comme ayant instauré une interdiction d’importer des biens issus du travail forcé. Washington estime toutefois que le Canada n’applique pas suffisamment cette règle, et l’interdiction de l’UE n’entrera en vigueur qu’en décembre 2027, laissant ces deux régions potentiellement exposées.
« L’échec de nos partenaires commerciaux les plus importants à combattre l’importation de marchandises produites par le travail forcé est inacceptable. Cela crée une concurrence déloyale pour les travailleurs américains », a déclaré Jamieson Greer, représentant commercial des États‑Unis.
| Tarif proposé | Pays concernés |
|---|---|
| 10 % | Union européenne, Royaume‑Uni, Canada, Mexique, Taïwan |
| 12,5 % | Chine, Japon, Inde, Corée du Sud, Brésil, Suisse |
Les mesures ne seront pas appliquées immédiatement ; elles entreront dans une phase de consultation publique.
L’Union européenne a rapidement rétorqué que, bien qu’elle partage les préoccupations liées au travail forcé, ces « tarifs clandestins » violent l’esprit de l’accord de juillet dernier qui prévoyait une réduction à 15 % sur la plupart des biens. Elle attend de Washington le respect de cet engagement.
Le Royaume‑Uni, par l’intermédiaire d’un porte‑parole, a rappelé son Modern Slavery Act et assuré que l’accès préférentiel de ses entreprises reste inchangé, tout en soulignant un dialogue continu avec les États‑Unis. Le leader travailliste Keir Starmer a exprimé son inquiétude face à l’incertitude que ces nouvelles menaces tarifaires suscitent.
En bref, Trump tente de contourner les limites judiciaires en usant du travail forcé comme prétexte, tandis que ses alliés réclament le respect des accords déjà en place. Le monde attend de voir si ces menaces se concrétiseront ou resteront au stade de la négociation.