
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé, via une vidéo publiée sur Telegram, qu’il ordonnait à l’armée d’intensifier « l’accélération de nos opérations » pour « écraser » le Hezbollah, malgré le cesse‑feu qui devait débuter le 17 avril et qui a été prolongé le mois dernier.
Dans les heures qui ont suivi l’annonce, les forces aériennes israéliennes ont mené une série d’attaques ciblant le sud du Liban : le Bekaa, les villes de Tyre et de Nabatiye, ainsi que plusieurs villages proches de la rivière Litani. Selon l’agence d’information libanaise NNA, les frappes ont fait trois victimes (deux occupants de voitures et un motard) et ont conduit à l’évacuation de dix villages accusés de « violer le cesse‑feu ». Le même jour, l’armée israélienne a déclaré la mort d’un soldat et la blessure grave d’un autre dans le sud du Liban, portant le total des soldats israéliens tués depuis le 2 mars à 23.
« Je suis allé plus loin : nous allons intensifier nos coups, augmenter notre puissance de feu et les écraser », a déclaré Netanyahou, traduisant sa détermination à contrer les « drones explosifs », dont les modèles à fibre optique.
Les deux ministres d’extrême‑droite, Bezalel Smotrich et Itamar Ben‑Gvir, ont immédiatement réclamé une escalade supplémentaire. Smotrich a exigé que « pour chaque drone explosif, dix bâtiments tombent à Beyrouth », tout en annonçant un budget spécial d’environ 2 milliards de shekels (≈ 692 M$) pour des solutions technologiques contre les drones. Ben‑Gvir a appelé à une « guerre intensive » et à la coupe de l’électricité au Liban.
Parallèlement, les États‑Unis et l’Iran poursuivent des pourparlers à Washington pour définir les termes d’un accord de fin de conflit, qui inclurait potentiellement le front libanais. Le président libanais Joseph Aoun a rappelé que le retrait complet des forces israéliennes du sud du Liban reste « non négociable », tandis que le dirigeant du Hezbollah, Naim Qassem, a rejeté toute négociation directe avec Israël.
Les chiffres du ministère libanais de la Santé indiquent que les frappes israéliennes depuis le début du conflit ont fait plus de 3 100 civils libanais. La situation reste très volatile, chaque nouveau jour de combats augmentant le risque d’une escalade plus large.
Le Liban et Israël se retrouvent à la croisée des chemins : la diplomatie internationale tente de freiner la guerre, mais les déclarations de Netanyahou et les pressions internes laissent présager de nouvelles vagues de violence.