
Le vote secret de l’Assemblée générale a laissé l’Allemagne sur le carreau, tandis que le Portugal et l’Autriche s’emparent des deux sièges européens du Conseil de sécurité pour 2027‑2028.
Le mercredi 4 juin, les diplomates ont compté 134 votes pour le Portugal, 131 pour l’Autriche et 104 pour l’Allemagne, ce qui a suffi à la première ronde pour les deux pays européens. Les deux‑tiers des voix requis ont ainsi été atteints, marquant la première défaite d’une puissance européenne majeure dans cette élection. Le Conseil compte 15 membres : cinq permanents (États‑Unis, Russie, Chine, France, Royaume‑Uni) et dix élus pour deux ans, renouvelés à mi‑mandat selon une répartition géographique.
« Le résultat est une véritable déception, c’est une défaite amère », a déclaré Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, devant la presse.
L’analyste Daniel Forti (International Crisis Group) estime que plusieurs États membres ont préféré éviter que l’Allemagne et l’Autriche, « trop similaires », siègent simultanément. Il note aussi que l’Allemagne est entrée tardivement dans la course, alors que l’Autriche menait une campagne intensive depuis plus de dix ans, mobilisant les « petits pays ». Le ministre des Affaires étrangères a ajouté que la position ferme de Berlin sur l’Ukraine et Israël avait irrité la Russie, qui aurait « fait campagne contre nous ».
« Nous soutenons infailliblement l’Ukraine. La Russie ne veut pas d’une telle voix à la table du Conseil de sécurité », a-t‑il expliqué.
Le chancelier autrichien Christian Stocker a salué ce résultat comme un « succès diplomatique majeur » pour son pays.
Outre le Portugal et l’Autriche, trois autres États rejoindront le Conseil le 1 janvier 2027 : le Zimbabwe (182 voix, siège africain), Trinité‑et‑Tobago (181 voix, Amérique latine et Caraïbes) et le Kirghizstan, qui a remporté le siège asiatique après quatre tours contre les Philippines. Ils remplaceront le Pakistan, la Somalie, la Grèce, le Danemark et le Panama, et siégeront aux côtés de la RDC, le Liberia, la Lettonie, la Colombie et Bahreïn pour la période 2026‑2027.
La composition renouvelée du Conseil reflète un équilibre géographique fragile, mais montre que même les grandes puissances ne sont pas à l’abri d’un revers diplomatique.