L’arrivée inattendue d’un troisième porte‑avions américain au cœur de la zone de responsabilité du commandement central (CENTCOM) redessine le tableau de force des États‑Unis dans le Moyen‑Orient, alors que les pourparlers avec l’Iran s’effondrent.
Le USS George H.W. Bush, un porte‑avions de classe Nimitz, vient d’atteindre l’océan Indien. Il rejoint ses deux compagnons déjà en poste : le USS Gerald R. Ford, premier navire de la nouvelle classe, est redevenu actif dans la mer Rouge après des réparations en Croatie, tandis que le USS Abraham Lincoln patrouille dans la mer d’Arabie, soutenant le blocus du détroit d’Hormuz. Cette concentration de trois groupes de combat marque la plus grande présence navale américaine dans la région depuis 2003.
Le déploiement s’inscrit dans des négociations fragiles entre Washington et Téhéran, le détroit d’Hormuz restant un point névralgique pour le transport du pétrole mondial. Le blocus américain est assuré par plus de 10 000 soldats, plus de 100 avions de combat, des hélicoptères et plus de 17 navires de guerre, dont des destroyers guidés par missiles. À ce jour, plus de 30 navires, principalement des pétroliers, ont été redirigés ou contraints de retourner au port, et plusieurs cargos iraniens ont été interceptés ; le destroyer USS Spruance a neutralisé le M/V Touska en ouvrant des tirs dans sa salle des machines.
« J’ai ordonné aux forces américaines de « tirer et tuer » tout bateau iranien posant des mines dans le détroit », a déclaré Donald Trump, ajoutant qu’il n’y a « pas de pression temporelle » sur les pourparlers.
En plus du blocus, les forces américaines mènent des opérations de déminage dans le détroit, cherchant à empêcher une escalade qui pourrait paralyser le commerce pétrolier mondial. La présence simultanée de trois porte‑avions souligne la détermination de Washington à maintenir une pression militaire élevée alors que les discussions diplomatiques restent au point mort.
Le prochain mouvement de la flotte pourrait bien définir la trajectoire du conflit avant que la diplomatie ne retrouve son souffle.