
Le président américain a suscité une vive controverse ce mercredi 10 juin en déclarant, depuis le Bureau ovale, qu'il « aimait l'inflation ». Cette prise de position intervient alors que les États-Unis enregistrent une accélération marquée des prix, atteignant 4,2 % en mai sur un an, contre 3,8 % en avril.
Cette hausse généralisée des prix s'inscrit dans un contexte marqué par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient. Depuis les premiers bombardements entre Israël et l'Iran le 28 février, les tensions géopolitiques ont conduit Téhéran à bloquer le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz, entraînant une flambée des coûts énergétiques. Sur un an, le prix de l'essence a bondi de 40,5 %, pesant lourdement sur le pouvoir d'achat des Américains, dont les salaires n'ont progressé que de 3,4 % sur la même période.
L'inflation touche désormais l'ensemble de l'économie, avec une hausse notable du coût des services et des produits dérivés. L'inflation sous-jacente — excluant l'énergie et l'alimentation — s'établit à 2,9 %. Parmi les postes de dépenses les plus touchés figurent les billets d'avion (+26,7 %), l'entretien automobile (+6,1 %) et les soins hospitaliers (+5,7 %).
La sortie du président a immédiatement fait réagir le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, qui a dénoncé sur X un « mépris » envers les citoyens. De son côté, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a tenté de relativiser en affirmant que les propos du chef de l'État avaient été « sortis de leur contexte ».
Si l'économiste Kathy Bostjancic estime que l'inflation pourrait avoir atteint un sommet, Diane Swonk, économiste chez KPMG, se montre plus réservée, craignant que les prix ne stagnent durablement sur un plateau élevé, ce qui pourrait contraindre la banque centrale à augmenter les taux d'intérêt.
Alors que le président a exprimé le souhait d'une paix mondiale pour son anniversaire, l'évolution de la situation économique reste étroitement liée au dénouement du conflit au Moyen-Orient et à la réouverture des routes maritimes stratégiques.